Détente-Les « Lions » gagnent, les menaces glissent

Par Mamadou Sèye

Une semaine après la finale, le Sénégal savoure encore. Pas dans l’euphorie bruyante des lendemains de sacre, mais dans une forme de satisfaction tranquille, presque assumée. La pression est retombée, les nerfs se sont détendus, et la victoire a pris sa place naturelle : celle d’un acquis, non d’un exploit à justifier sans cesse.

Le plus intéressant, dans cette séquence, n’est d’ailleurs plus le match. C’est ce qui a suivi. On a parlé de sanctions. On a évoqué des rappels à l’ordre. On a même laissé planer des menaces sur l’équipe nationale et sur son entraîneur, Pape Thiaw. Mais ces mots-là ont rencontré un mur inattendu : l’indifférence populaire.

Le peuple n’a pas réagi. Il n’a ni protesté ni surjoué la défense. Il a simplement continué à savourer. Comme si le débat était déjà clos. Comme si l’essentiel avait été réglé sur le terrain. Les « Lions » ont gagné, le contrat émotionnel est rempli, et le reste appartient aux couloirs administratifs, pas aux cœurs.

Ce décalage est révélateur. D’un côté, le temps institutionnel, celui des communiqués, des procédures et des postures. De l’autre, le temps populaire, beaucoup plus direct, presque brutal dans sa simplicité. Le Sénégal juge à l’essentiel : l’engagement, la discipline sur le terrain, le résultat. Tout le reste est secondaire, parfois même inaudible.

Pape Thiaw, dans cette atmosphère, n’est ni sanctifié ni accablé. Il est simplement l’entraîneur d’une équipe qui a fait le travail. Et cela suffit largement à l’opinion. Le pays n’attend pas des mises en scène de l’autorité, encore moins des polémiques différées. Il attend de la cohérence. Il l’a eue pendant cent vingt minutes, et cela pèse plus lourd que tous les avertissements tardifs.

Ce dimanche-là, une semaine après, le bonheur est calme. On en parle sans tension, sans colère, parfois même avec un sourire amusé face aux menaces qui n’ont trouvé personne à inquiéter. La victoire a fait ce que le football fait de mieux quand il est à son meilleur niveau : elle a apaisé.

Et c’est peut-être cela, au fond, la vraie leçon. Quand une équipe gagne avec sérieux et dignité, elle rend vaines les tentatives de crispation. Les « Lions » ont gagné. Le pays a savouré. Et il savoure encore, tranquillement, souverainement.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *