La crise qu’ils disent… et que personne ne voit

Par mamadou Sèye

Depuis des mois, certains pseudos-opposants tentent d’installer dans l’esprit des Sénégalais une idée simple, martelée jusqu’à l’obsession : « la crise qui sévit au Sénégal ». Un narratif répété mécaniquement, comme si l’incantation pouvait remplacer la réalité. Mais le réel résiste, et il le fait avec une constance dérangeante.

De quelle crise parle-t-on exactement ?
Une crise économique ? Les denrées de première nécessité ont connu une baisse. Le prix du carburant a reculé. Le ciment a baissé, soulageant un secteur stratégique comme le bâtiment. Les salaires et les pensions sont payés à temps, régulièrement, sans tension visible. Et tout cela sans le fameux chèque du FMI, longtemps présenté comme l’alpha et l’oméga de la stabilité nationale. Les faits sont là, têtus, vérifiables.

Une crise sociale ? Aucune tension aiguë n’est perceptible. Les forces de défense et de sécurité vont en week-end, comme dans un pays qui fonctionne normalement. Pas de check-points, pas de villes quadrillées, pas d’atmosphère d’Etat d’exception. Les marchés tournent, la vie suit son cours. Une vraie crise se vit dans la rue, pas dans les communiqués.

Une crise politique ? Là encore, le décalage est saisissant. Les marchés et meetings de l’opposition sont inexistants, faute de pouvoir mobiliser. On ne peut pas proclamer une crise populaire quand le peuple ne se déplace pas. L’indifférence des populations est un verdict politique sévère, bien plus cruel que n’importe quelle contradiction verbale.

Soyons clairs : nul ne nie l’existence de difficultés. Il y en a partout, sous toutes les latitudes. Mais assimiler volontairement des difficultés structurelles à une crise systémique relève de la manipulation. Une crise, la vraie, c’est la peur, la pénurie, les salaires impayés, la paralysie de l’Etat, la rue en ébullition. Rien de tout cela n’est à l’œuvre aujourd’hui au Sénégal.

La vérité est plus simple et plus dérangeante : ce que certains décrivent comme une “crise nationale” ressemble surtout à des crises personnelles. Crise de rentes perdues. Crise d’accès aux leviers de l’Etat. Crise d’un ancien système qui ne fixe plus l’agenda politique. D’où cette agitation verbale permanente, sans écho populaire réel.

Pendant que le bruit enfle dans certains cercles, le pays avance, sans tapage, sans gesticulation. Il ajuste, il stabilise, il corrige. Un pouvoir qui rassure sans faire de bruit est toujours plus difficile à combattre qu’un pouvoir qui vacille.

Le Sénégal n’est pas en crise.
Il est en transition.

Et cette transition calme, méthodique et lisible déjoue toutes les prophéties de malheur. On peut répéter le mot “crise” mille fois ; on ne crée pas une tempête quand la mer est calme.


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