Sonko en tournée, Diomaye à l’Est : l’opposition complètement larguée

Par Mamadou Sèye

Le Sénégal politique vit un moment saisissant. Pendant que le Président Bassirou Diomaye Faye sillonne l’Est du pays, parlant investissements, emplois et perspectives territoriales, Ousmane Sonko occupe le terrain, rencontre ses bases, galvanise ses militants et affirme sa présence. Deux registres, un même tempo. Et face à cette mécanique, l’opposition est hors du jeu. Totalement.

Il faut mesurer la portée de cette simultanéité. D’un côté, le temps de l’Etat : planification, projets, financements, développement concret. De l’autre, le temps politique : mobilisation, pédagogie, lien direct avec le peuple. Là où certains imaginaient une déconnexion du pouvoir avec ses bases, c’est tout le contraire qui se produit. Le pouvoir gouverne et reste proche de sa population.

Pendant des mois, certains adversaires n’ont vécu que d’une attente : la fameuse rupture entre le Président et son Premier ministre. Chaque silence, chaque déplacement était ausculté comme un présage de conflit. La prophétie du divorce était leur dernier carburant politique.

Mais la réalité est têtue. Oui, la nouvelle formule « Diomaye Président » a nécessité ajustements et apprentissages. Mais aujourd’hui, les actes parlent d’eux-mêmes : cohérence stratégique, complémentarité affichée, répartition des rôles claire et efficace. Le tandem fonctionne, et il fonctionne bien.

Pendant que l’opposition prie pour un accident politique, le pouvoir avance, construit, s’active et maintient le lien avec ses bases. Le message est clair : rien n’est acquis, tout se gagne sur le terrain.

La tournée de Sonko n’est pas seulement une démonstration de force. Elle montre aussi que le camp du pouvoir refuse l’inertie, qu’il sait gouverner sans se démobiliser, et qu’il conserve la respiration populaire qui l’a porté au pouvoir. C’est une leçon redoutable pour ceux qui attendaient sa chute : la machine est en marche, et elle n’attend personne.

Au fond, la plus grande difficulté pour l’opposition est psychologique. Elle avait imaginé un pouvoir fragile ; elle découvre une dynamique solide et alignée. Elle annonçait des tiraillements, elle voit des signaux de cohésion. Et plus cette cohérence s’affirme, plus elle se retrouve sans récit alternatif, coincée dans l’attente et la spéculation.

La politique n’aime pas le vide. Aujourd’hui, le vide est du côté de ceux qui espéraient la chute du Premier ministre. Et le terrain, lui, continue de juger ceux qui marchent, pas ceux qui attendent.


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