Sur le terrain de foot comme dans le règne animal…
Le Sénégal trop fort ou l’adversaire trop faible ? La question commence à devenir rituelle parce que certains se l’étaient posée, il y a quelques semaines, lorsqu’à Antalya en Turquie, les « Lions » avaient filé un cinglant 8 – 0 au Kenya. D’aucuns s’étaient même interrogés … après coup seulement sur la pertinence d’avoir accepté ce match amical face à un adversaire qui ne s’était même pas qualifié à la 35e CAN de football qui se dispute actuellement au Maroc.
Or, voici qu’après la première sortie dans cette compétition de l’équipe entrainée par Pape Thiaw, sanctionnée d’une nette victoire (3 buts à 0) contre le Botswana, la même interrogation resurgit. Qu’en aurait-il donc été si les « Lions » s’étaient imposés plus largement, comme ils en avaient absolument les moyens ? Et si Nicolas Jackson en avait profité pour entrer dans l’histoire en inscrivant un quadruplé voire un quintuplé, comme il en avait absolument les opportunités ?
Dans tous les cas, le Sénégal a fait respecter la hiérarchie. Et confirmé la différence de classe avec le Botswana. Le 2e au classement africain et 19e au ranking mondial de la FIFA a nettement dicté sa loi au 44e africain et 138e mondial. Les 18 présences en phases finale de CAN et l’expérience sur le continent et à travers le monde ont pesé lourd sur la balance face aux 2 petites qualifications (en 2012 et cette année donc) qu’il y avait en face. Autant dire que sur la pelouse du Grand stade Ibn Batouta de Tanger, mardi, il en était comme dans la jungle et le règne animal : les « Lions » ont tout simplement bouffé les « Zèbres ». Finalement, il bluffait juste, le coach sud-africain du Botswana, Morena Ramoreboli qui soutenait avant le match avoir bien étudié l’équipe du Sénégal et savoir comment empêcher Koulibaly de faire des relances longues. En fait, ses hommes se sont rarement permis d’aller presser en zone adverse… Et les Sénégalais ont pu dérouler tranquillement leur jeu et s’imposer avec autorité, même s’ils auraient pu s’imposer plus largement.
Dans un Groupe D où d’autres fauves entendent également s’illustrer, c’était la meilleure manière pour les « Lions » de se faire les crocs et de se préparer à des batailles a priori plus compliquées. D’abord samedi prochain contre des « Léopards » de RD Congo revanchards après avoir été écartés de la qualification directe à la Coupe du monde de football « Etats-Unis – Canada – Mexique ». Ensuite, le 30 décembre face à des « Guépards » du Bénin qui, depuis qu’ils ont troqué leur surnom de débonnaires « Ecureuils » contre celui plus conquérant de ces félidés, semblent avoir repris du poil de la bête (c’est le cas de le dire). Ce sera alors aux « Lions » de prouver que ce n’est pas pour rien qu’on les appelle Rois de la forêt.
Correspondance particulière de Hasaan Bengelloun