Dette publique : à Dakar, devant la Mauritanie et le FMI, la ligne Diomaye–Sonko

Par Mamadou Sèye

La déclaration d’Ousmane Sonko excluant toute restructuration de la dette publique sénégalaise n’est pas intervenue dans un cadre ordinaire ni dans un tête-à-tête technique avec des experts financiers. Elle a été faite à l’occasion d’une conférence de presse conjointe avec le Premier ministre mauritanien, en visite de travail officielle au Sénégal. Ce détail n’en est pas un. Il donne à la sortie du chef du gouvernement sénégalais une portée diplomatique, régionale et stratégique qu’il faut impérativement souligner.

En s’exprimant dans un tel cadre, Ousmane Sonko savait que ses propos dépasseraient largement le strict débat interne. Il parlait devant un partenaire étatique, devant la sous-région, et par ricochet devant les bailleurs internationaux. Ce choix de moment et de lieu confère à sa position un caractère pleinement assumé, réfléchi et validé au plus haut niveau de l’Etat.

Il est donc erroné – et intellectuellement malhonnête – de présenter cette prise de position comme une improvisation ou un signal brouillé envoyé aux marchés. Il s’agissait d’un message officiel, délivré dans un cadre de coopération intergouvernementale, où la parole engage l’Etat dans son ensemble. Et c’est précisément ce qui rend la déclaration forte.

Dans ce contexte, la convergence entre le Premier ministre Ousmane Sonko et le président Bassirou Diomaye Faye apparaît avec évidence. Aucune dissonance n’est possible dans un tel exercice diplomatique. La ligne exprimée est nécessairement partagée, arbitrée et validée en amont. Sur la dette comme sur la relation avec le FMI, le tandem Sonko–Diomaye agit en parfaite harmonie, chacun dans son rôle constitutionnel, mais sur un cap commun.

Le message est double. A l’intérieur, il s’agit de rassurer : le Sénégal n’ira ni vers un défaut déguisé ni vers une politique d’austérité dictée de l’extérieur. A l’extérieur, il s’agit d’affirmer une souveraineté tranquille : le pays honore ses engagements, refuse les raccourcis humiliants et privilégie un redressement endogène fondé sur la rationalisation budgétaire et la mobilisation des ressources internes.

Le fait que cette position soit exprimée aux côtés d’un chef de gouvernement d’un pays frère, lui-même confronté aux contraintes du système financier international, n’est pas anodin. Cela inscrit le Sénégal dans une lecture africaine et régionale des rapports avec les institutions de Bretton Woods, loin des rapports de subordination traditionnels.

Lorsque Sonko interpelle le FMI sur ses responsabilités, il ne s’agit donc pas d’un défi lancé à chaud, mais d’une interpellation politique mûrement réfléchie, portée par l’exécutif sénégalais dans son ensemble. Le président Diomaye Faye, qui a placé la vérité des chiffres et la fin des accommodements opaques au cœur de son mandat, partage pleinement cette exigence de clarification et de responsabilité partagée.

Ainsi, la séquence de Dakar n’est pas un épisode isolé : c’est un acte de gouvernement, posé dans un cadre diplomatique, qui révèle une chose essentielle – l’unité stratégique du pouvoir exécutif sénégalais face aux défis de la dette et aux pressions extérieures. Et c’est précisément cette unité qui donne à la parole du Sénégal son poids, sa crédibilité et sa portée.


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