Par Mamadou Sèye
Le rapport du deuxième trimestre sur l’exécution budgétaire, publié par le ministère des finances, révèle la réalité des finances publiques à mi-année et éclaire les efforts accomplis ainsi que les défis à venir.
Les recettes totales mobilisées à fin juin 2025 s’élèvent à 4 474,1 milliards de FCFA, en progression par rapport à la même période l’an dernier, ce qui traduit la volonté des autorités de renforcer les ressources internes et de réduire la dépendance aux appuis extérieurs. La collecte fiscale, notamment à travers l’impôt sur les sociétés et la TVA, a été plus dynamique, tandis que certaines recettes douanières se consolident. Cependant, les dons extérieurs et contributions internationales restent modestes, rappelant que chaque franc collecté compte pour soutenir les grands projets du pays.
Du côté des dépenses, les charges incompressibles – salaires, subventions énergétiques et transferts sociaux – absorbent une part importante du budget. Cette orientation garantit la continuité des services publics et la protection sociale des populations, mais limite la capacité à investir dans les projets structurants essentiels pour l’emploi et la croissance économique. Le retard dans certains investissements souligne le défi de concilier besoins immédiats et ambitions à long terme.
Le déficit budgétaire est de 588,3 milliards de FCFA, soit 34,7 % de l’objectif annuel, maîtrisé grâce à une gestion attentive, mais financé majoritairement par l’endettement domestique. Cela rappelle la nécessité d’une discipline budgétaire rigoureuse et d’une capacité à financer les projets sans compromettre l’avenir économique. A noter que le Fonds national de retraite (FNR) affiche un excédent, signe que certaines protections sociales fonctionnent efficacement. Ces résultats démontrent que le gouvernement a entrepris des actions concrètes pour consolider la stabilité financière du pays.
Malgré ces avancées, des fragilités persistent. Certains investissements structurants accusent du retard, des tensions de trésorerie apparaissent ponctuellement, et la dépendance aux financements extérieurs demeure un facteur de vulnérabilité. Ces éléments soulignent l’importance de la transparence dans la gestion des ressources et de la communication claire sur leur utilisation pour renforcer la confiance des citoyens et des partenaires économiques.
Le rapport montre que le Sénégal avance, mais qu’il doit conjuguer ambition et rigueur. La croissance tirée par les hydrocarbures et la mobilisation des recettes sont encourageantes, mais ne suffisent pas à garantir une prospérité durable. Les prochains mois seront déterminants pour que les efforts se traduisent en résultats tangibles et projets visibles pour chaque citoyen. La discipline dans la gestion, l’optimisation des dépenses et la capacité à investir intelligemment dans les secteurs clés conditionnent l’avenir économique du pays. Chaque décision compte pour bâtir un futur solide, et ce rapport constitue un signal fort pour maintenir le cap et poursuivre les réformes nécessaires tout en soutenant les citoyens et en éclairant leurs choix.