La haine n’est pas une opinion : place au droit et à la fermeté

Par Mamadou Sèye

La marche organisée par le mouvement Rappel à l’ordre devait être une manifestation citoyenne. Elle a malheureusement offert, pour certains, une tribune à des insultes indignes contre le Premier ministre Ousmane Sonko. Ces propos n’ont rien à voir avec la liberté d’expression : ils relèvent du droit pénal et doivent être traités comme tels.

Le Sénégal est une démocratie. Mais nulle part en Afrique, on ne voit des citoyens se permettre d’insulter publiquement un Premier ministre. Dans les traditions politiques du continent, on critique, on conteste, on s’oppose, mais on ne franchit pas cette ligne rouge qui touche à la dignité des institutions. Ce qui s’est passé est une anomalie grave, et c’est pourquoi les Sénégalais, toutes sensibilités confondues, ont été choqués.

Le Code pénal sénégalais encadre clairement ces dérives :

  • Articles 258 à 261 : la diffamation est punie de 3 mois à 2 ans d’emprisonnement et d’amendes allant jusqu’à 1 500 000 FCFA selon la qualité de la personne visée.
  • Article 262 : l’injure publique est sanctionnée de 1 à 3 mois de prison et/ou d’amendes de 20 000 à 100 000 FCFA.
  • En cas d’incitation à la haine collective, les peines sont aggravées.

Les textes existent donc, ils doivent s’appliquer. Car au-delà du choc interne, il y a un autre danger : celui de l’image extérieure. Même si cette marche fut squelettique et sans grande mobilisation, certains médias internationaux peuvent la présenter comme le signe d’un Sénégal instable, fragilisé, prêt à basculer. Or nous savons que des forces, à l’intérieur comme à l’extérieur, n’attendent que ce type de dérapage pour alimenter une logique de déstabilisation.

C’est pourquoi les autorités doivent agir avec fermeté. Il ne faut rien négliger. Les forces de défense et de sécurité doivent identifier les auteurs de ces insultes, les traduire devant la justice et montrer que l’Etat ne tolère aucune atteinte à la dignité des institutions. La République doit protéger la liberté d’expression, mais elle ne doit pas laisser s’installer la haine verbale, premier pas vers la violence politique.

Le Sénégal a bâti sa réputation sur la stabilité, la civilité et le respect réciproque, même dans la confrontation. Il ne peut se permettre d’offrir à ses adversaires le spectacle d’un pays où l’on insulte sans retenue ses plus hautes autorités.

Car répétons-le : la haine n’est pas une opinion. C’est un délit. Et dans l’intérêt de la Nation, elle doit être sanctionnée avec rigueur.


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