Le Sénégal a effectué, le 30 janvier 2026, une sortie réussie sur le marché financier régional en mobilisant 125,7 milliards de FCFA à travers une émission de Bons et Obligations assimilables du Trésor (BAT/OAT), pour un objectif initial fixé à 120 milliards. Les investisseurs ont répondu présents, avec 142 milliards de FCFA de soumissions, soit un taux de couverture de 118,4 %.
Ce résultat confirme que la signature du Trésor sénégalais reste attractive, dans un environnement régional pourtant marqué par une vigilance accrue des acteurs financiers et un renchérissement général du coût de la dette. Le dépassement de l’objectif initial, sans emballement excessif, traduit une demande réelle mais sélective, attentive à la maturité des instruments proposés.
La structure de l’opération est, à cet égard, particulièrement instructive. L’écrasante majorité des montants levés concerne les BAT à un an, qui ont concentré 113,3 milliards de FCFA. Les OAT à 3 ans (8,1 milliards) et à 5 ans (4,2 milliards) restent marginales, tandis que l’OAT à 7 ans n’a enregistré aucune allocation.
Ce déséquilibre révèle une préférence nette du marché pour le court terme, signe d’une confiance immédiate dans la capacité de l’Etat à honorer ses engagements, mais aussi d’une prudence persistante vis-à-vis du long terme. Les investisseurs semblent vouloir garder de la visibilité et de la flexibilité, dans un contexte où les trajectoires budgétaires et macroéconomiques continuent d’être scrutées de près.
Pour le Trésor public, l’opération constitue donc un succès technique indéniable, permettant de sécuriser des ressources au-delà du besoin annoncé, tout en évitant de forcer la main au marché. Elle offre un ballon d’oxygène à court terme et confirme l’accès du Sénégal au financement régional.
Mais ce compte-rendu ne serait pas complet sans relever le message implicite envoyé par les investisseurs : la confiance est là, mais elle est conditionnée. Le défi à venir sera d’allonger progressivement la maturité de la dette, de réduire la pression du refinancement à court terme et de renforcer la lisibilité de la stratégie budgétaire.
En somme, le marché a répondu favorablement, mais avec discernement. Un signal positif, certes, mais aussi une invitation à consolider durablement la crédibilité financière du pays.
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