Me Moussa Diop ou l’art de délirer pour exister

Par Mamadou Sèye

A force de vouloir exister politiquement par le bruit, Me Moussa Diop a fini par confondre narration et hallucination. Le voilà désormais expliquant, sans sourciller, que le Président Diomaye aurait répondu au tera-meeting de Sonko du 8 novembre par l’érection du siège de la coalition Diomaye. Une fable politique de plus, racontée avec l’assurance de ceux que la réalité n’encombre plus.

Car enfin, de quoi parle-t-on ? Une coalition Diomaye sans le parti PASTEF d’Ousmane Sonko. Comme si l’on pouvait évoquer Diomaye sans Sonko, comme si l’histoire politique récente du Sénégal pouvait être réécrite à coups de statuts Facebook. Ce déni frise le ridicule, mais il est révélateur : quand le réel résiste, Me Moussa Diop l’invente.

Pendant qu’il s’égosille laborieusement sur le séjour du Président Diomaye en Casamance, croyant y voir une mise à distance calculée de Sonko, la réalité le désavoue avec une cruauté presque pédagogique. Le Président, dans la plus grande simplicité, en a profité pour aller rendre une visite de courtoisie à la mère d’Ousmane Sonko. Un geste fort, symbolique, silencieux, qui dit plus que mille discours.

Voilà ce que le larbinisme politique ne permet plus de voir. Quand on choisit de flatter en permanence, on finit par perdre le sens, et surtout la capacité de lire les signes élémentaires. Me Moussa Diop ne comprend pas — ou feint de ne pas comprendre — que ces sorties ne servent ni le Président ni la coalition, mais exposent surtout leur auteur à la dérision publique.

Car il y a une constante que même l’agitation numérique ne peut masquer : le Président Diomaye ignore royalement ce genre de gesticulations. Pire, elles le mettent mal à l’aise, tant elles trahissent une volonté malsaine d’exister par la division, là où le pouvoir actuel s’est construit sur une fraternité politique assumée.

Le peuple, lui, a déjà tranché. Me Moussa Diop n’a ni base, ni parrainages, ni espérance électorale crédible. Il le sait. Alors il s’accroche à ce qui lui reste : l’antisonkoisme comme fonds de commerce, la flatterie comme stratégie, et l’invective comme identité.

Le larbinisme bouche la conscience, et parfois même l’intelligence. A ce stade, ce n’est plus une divergence politique, c’est une chute publique, lente, bruyante et tristement révélatrice de ceux qui croient encore qu’on peut bâtir une carrière sur la négation des évidences.


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