Un exécutif nouménal face à une opposition phénoménale

Par Mamadou Sèye

Il fallait bien que cela arrive : le rideau est tombé sur le nouveau gouvernement, et avec lui, une certaine dramaturgie politique. Pendant que les chroniqueurs improvisés multipliaient les rumeurs, pendant que les officines s’adonnaient à la calomnie facile, la vérité s’est imposée, implacable. Aucune fuite, aucun éclat, aucune dissonance. L’Etat a retrouvé sa verticalité, et seuls deux hommes — le Président Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre Ousmane Sonko — avaient la maîtrise du tempo.

La scène diffusée par la RTS, brève mais foudroyante, a scellé l’image d’un pouvoir en contrôle : deux silhouettes concentrées, une table de travail en sandwich, Sonko penché sur son ordinateur. Rien qu’une image, mais déjà une démonstration : le pays n’assiste pas à un flottement, mais à une orchestration millimétrée. Le message subliminal est clair : le pouvoir se donne à voir quand il l’a décidé, et pas avant.

Ceux qui, pendant des semaines, avaient juré que l’attelage Sonko–Diomaye tanguait, en sont pour leurs frais. On nous avait expliqué, avec la gravité du mensonge, que les deux hommes ne s’entendaient pas sur l’architecture gouvernementale, que le Président voulait tout contrôler, que Sonko bouillait de frustration. La réalité est limpide : Diomaye a respecté la Constitution en laissant son Premier ministre proposer une équipe, et c’est dans cette fluidité que s’est nouée l’harmonie. Loin des rivalités qu’on nous promettait, c’est une osmose qui s’affirme.

Il n’en fallait pas plus pour que l’opposition, déjà fragilisée, ressorte son joker favori : le spectre de « l’Etat-PASTEF ». L’entrée de Me Bamba Cissé à l’Intérieur et de Yacine Fall à la Justice a fait trembler les vieilles gardes. Mais que craignent-ils exactement ? Qu’un ministre de l’Intérieur veille à la transparence électorale ? Qu’une ministre de la Justice fasse de l’Etat de droit une réalité concrète ? L’argument est non seulement pauvre, il est pathétique. Ceux qui crient à la mainmise ne défendent pas la République, ils défendent leurs prébendes.

La vérité est plus simple : les honnêtes citoyens n’ont rien à craindre. Leur quotidien sera au centre des réformes, leurs conditions de vie seront la priorité. Ceux qui doivent trembler, ce sont les détourneurs, les prédateurs, les profiteurs d’un Etat longtemps transformé en guichet privé. Pour eux, le temps de l’impunité est révolu.

Ce gouvernement, par son silence méthodique et son annonce maîtrisée, a prouvé que le duo présidentiel fonctionne. Ceux qui misaient sur la brouille sont confondus : Diomaye et Sonko avancent ensemble, avec cohérence, sans donner prise aux manœuvres politiciennes. Voilà le vrai scandale pour leurs adversaires : ils sont insaisissables.

Et c’est là que la philosophie éclaire le réel. Le tandem Sonko–Diomaye est au politique ce que le noumène est chez Kant : une réalité en soi, essentielle, que l’opposition ne peut saisir avec ses catégories usées. Elle se heurte à un objet qui excède son entendement. Elle croyait observer une rivalité ; elle découvre une symbiose. Elle espérait des failles ; elle se cogne à une cohérence. L’opposition reste dans le registre du phénomène — bruyant, visible, superficiel. Le pouvoir actuel, lui, agit dans l’ordre du nouménal — structurant, profond, irréductible aux caricatures.

Et comme pour accentuer ce fossé, Ousmane Sonko décolle déjà vers l’international. Emirats Arabes Unis ce lundi, puis l’Italie, où militants et sympathisants, déjà en ordre de bataille, préparent un accueil historique. Le contraste est cruel : pendant que l’opposition ressasse ses rancunes et s’invente des théories, le Premier ministre inscrit le Sénégal dans le concert mondial. Pendant que ses adversaires s’accrochent au commentaire, il construit des partenariats. La politique n’est plus ici une agitation locale, mais une projection stratégique.

La conclusion s’impose : le fossé entre le pouvoir actuel et ses adversaires est abyssal. L’un incarne la rigueur, l’autre la vacuité. L’un agit, l’autre gémit. L’un construit, l’autre détricote. Dans ce duel inégal, il ne reste à l’opposition qu’une seule issue : se réinventer totalement, ou disparaître dans le vacarme inutile.

Car le Sénégal, lui, a choisi. Il a choisi un exécutif de vérité, de rigueur, d’ambition. Il a choisi un tandem qui ne joue pas à la politique, mais qui écrit l’Histoire. Et face à cette réalité, toutes les invectives, toutes les stratégies de diversion ne sont que du vent.

Les temps nouveaux ne demandent pas la plainte. Ils exigent l’action. Et l’action, désormais, a deux visages : celui de Bassirou Diomaye Faye et celui d’Ousmane Sonko.


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