Par Mamadou Sèye
Ah, camarade, quel spectacle ! Le Sénégal avait joué, couru, transpiré et mérité sa victoire sur le terrain. Et le Maroc, que fait-il ? Il refuse l’évidence. Il invoque les règlements, multiplie les recours, cherche à transformer la sueur et le talent en papier administratif. Comme aurait dit Charles de Gaulle : « Vous voulez l’indépendance ? Prenez-la ! » Eh bien ici : « Vous voulez la coupe ? Prenez-la ! » .Mais à vos risques et périls…
Le paradoxe est délicieux. Perdre sur le terrain et tenter de gagner ailleurs. Contester l’évidence devient alors un art… maladroit. Gagner sans jouer, tricher avec la mémoire du match, voilà la nouvelle stratégie.
Et tandis que les manœuvres se succèdent, dix-huit supporters sénégalais restent derrière les barreaux au Maroc. Dix-huit vies suspendues. Dix-huit preuves silencieuses qu’une logique purement procédurière ne rime jamais avec justice. La Confédération africaine de football applaudit-elle cette pirouette ? Le football africain, lui, fronce les sourcils.
Mais revenons au fond, camarade. Le football n’est pas un simple jeu de chiffres et de règlements. Il est un terrain moral. Là où se mesure la grandeur d’une Nation. Là où se distingue l’élégance de la petitesse. Et aujourd’hui, le Maroc a démontré qu’il peut perdre sur les deux fronts : sur le score… et sur l’honneur.
Il y a dans cette affaire une leçon philosophique et, disons-le, presque comique. On assiste à une tentative de détourner la réalité par les textes. On transforme un match en théâtre administratif. On fabrique une victoire à défaut de la mériter. Si cela ne prête pas à rire, que faut-il pour sourire de la bureaucratie sportive ?
Alors, oui : vous voulez la coupe ? Prenez-la ! Prenez-la sur tapis vert, dans un tribunal, dans un communiqué officiel… mais sachez que les trophées ainsi obtenus ne remplissent jamais l’âme, ne gagnent jamais le respect des peuples, et n’effacent jamais ce qui s’est passé sur le terrain.
Car au bout du compte, camarade, le football, c’est plus que des règlements et des appels. C’est la sueur, la stratégie, le courage et la dignité. Et tout ce qui se joue dans les bureaux ne vaut jamais ce qui se vit sous les projecteurs.
Le Maroc, dans sa frénésie de recours, aura peut-être la coupe sur le papier… mais il aura perdu la grandeur de celui qui sait accepter la défaite et honorer la victoire d’autrui. Et cela, camarade, aucun règlement ne peut le changer.
Alors, que le Maroc prenne sa coupe…
Mais que l’Afrique, elle, n’oublie pas qui a vraiment gagné.