Penalty, la Chronique Coupe du monde

Le match que personne n’a envie de disputer ?

Un match inutile ? Un match que personne n’a envie de jouer ? Un match de trop ? Le match de classement pour la troisième place, avec à la sortie une médaille de bronze, n’a assurément pas bonne presse. On a beau la surnommer « petite finale », cette rencontre – lot de consolation pour les déçus des demi-finales – n’emballe pas toujours ses protagonistes. À la CAN comme à la Coupe du monde. Et souvent, elle donne l’occasion aux remplaçants du bout du banc de touche (pour ne pas dire les « coiffeurs ») de justifier leur sélection. Pour eux, au moins, cette « petite finale » a son importance. Une belle opportunité pour certains de donner des regrets aux coaches qui en ont fait des… titulaires du banc.

Pourtant, le match pour la troisième place du Mondial 2026 de ce samedi à Miami (États-Unis) sort des clous traditionnels. Car France – Angleterre, le derby de la Manche, n’est jamais un match banal. Surtout que, cette fois, les deux entraîneurs ont des choses à rattraper et à se faire pardonner, une image à restaurer après des demi-finales complètement ratées. Le Français Didier Deschamps, pour avoir renié ses principes de jeu (plutôt défensifs) et aligné un milieu à… deux éléments (Tchouaméni et Rabiot) qui s’est littéralement fait bouffer par le trio espagnol Rodri, Pedri et Fabian Ruiz, privant ainsi son quatuor d’attaque, « les 4 fantastiques », de ballons comestibles. L’Allemand Thomas Tuchel, à la tête des Anglais, lui, pour n’avoir effectué que des changements défensifs afin de préserver sa maigre avance, avant de se faire renverser dans les cinq dernières minutes du temps additionnel et des prolongations.

Deschamps, qui se voyait déjà en finale, voire même en vainqueur après son sacre de 2018 sur le banc français (lui qui avait remporté le trophée comme joueur en 1998), ne veut pas s’offrir une dernière sortie mitigée, puisqu’à partir de ce samedi, il devrait céder la place à Zinedine Zidane. Alors, cette der, il la prend comme l’ultime opportunité de soigner sa sortie. Pas question, dès lors, de la prendre par-dessus la jambe. La preuve : il aurait refusé une « soirée libre » à ses joueurs à leur arrivée jeudi à Miami, où se jouera le match, histoire de les maintenir concentrés sur l’objectif. Tuchel a soutenu que ses joueurs n’avaient pas envie de disputer ce match. Mais, puisqu’ils n’ont pas le choix, ils y mettront ce qui leur reste de cœur à l’ouvrage. Et comme en face, il y aura la France, il leur suffira juste de penser qu’il s’agit d’une vraie finale (et non de la petite finale) pour trouver la motivation née de leur brutale élimination en demi-finales contre l’Argentine.

On peut dès lors présumer que cet ultime « devoir » (ainsi que l’a appelé le sélectionneur français), les protagonistes l’aborderont avec tout le sérieux nécessaire. Ne serait-ce que, côté français, pour aider leur capitaine Mbappé à signer au moins un but afin de dépasser (temporairement) Messi au classement des meilleurs buteurs de la compétition ; et, côté anglais, pour ne pas faire une telle fleur au camp d’en face. Et puis, il y a cette médaille de bronze à aller chercher. Ce qui n’est quand même pas rien…

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