A Kaolack, Ousmane Sonko au chevet de la filière arachidière : l’Etat s’engage pour sauver la campagne de commercialisation

En se rendant à Kaolack, cœur historique du bassin arachidier, le Premier ministre Ousmane Sonko a posé un acte politique fort en direction du monde rural et des acteurs de l’économie productive. Cette visite s’inscrit dans un contexte de fortes tensions autour de la campagne de commercialisation de l’arachide, marquée par des lenteurs, des difficultés d’écoulement et des inquiétudes croissantes chez les producteurs.

Face aux opérateurs de la filière, aux producteurs et aux acteurs économiques locaux, le chef du gouvernement a tenu un discours de vérité, reconnaissant sans détour les dysfonctionnements observés dans le dispositif de commercialisation. L’Etat, a-t-il admis, n’a pas été suffisamment efficace dans la coordination des acteurs et la mise à disposition rapide des moyens nécessaires, laissant ainsi s’installer une situation préjudiciable aux paysans, premiers maillons mais aussi premiers sacrifiés de la chaîne de valeur.

C’est dans ce contexte que le Premier ministre a annoncé une décision majeure : l’instruction donnée à la SONACOS de porter son objectif d’achat de graines d’arachide de 250 000 à 450 000 tonnes. Un relèvement significatif, pensé comme une réponse immédiate à l’accumulation des stocks chez les producteurs et à la baisse de liquidités dans les zones rurales. A travers cette mesure, le gouvernement entend redonner de l’oxygène à la filière, sécuriser les revenus paysans et éviter que les fruits d’une bonne campagne agricole ne se transforment en source de désillusion.

Pour rendre cet objectif atteignable, des ressources financières importantes seront mobilisées, de l’ordre de 50 à 75 milliards de francs CFA dans l’immédiat, afin de renforcer la capacité d’intervention de la SONACOS. Ousmane Sonko n’a cependant pas cherché à minimiser l’ampleur des besoins réels, rappelant que le financement global nécessaire pourrait être bien supérieur, signe d’une volonté de rompre avec la communication incantatoire et d’assumer la réalité des chiffres.

Au-delà des annonces, la démarche du Premier ministre s’est voulue profondément pragmatique et tournée vers l’écoute. A Kaolack comme dans les localités environnantes, il a pris le temps d’échanger avec les producteurs, d’entendre leurs plaintes sur les retards, les coûts logistiques, les problèmes de stockage et l’incertitude pesant sur les prix. Cette proximité avec le terrain tranche avec une gouvernance souvent reprochée d’être trop centralisée et déconnectée des réalités rurales.

Dans ses interventions, Ousmane Sonko a replacé la question arachidière dans une perspective plus large, affirmant avec force que le développement du Sénégal ne saurait se faire sans une politique agricole solide, cohérente et souveraine. L’arachide, a-t-il rappelé, n’est pas seulement une culture de rente ; elle est un pilier social, économique et historique, qui structure des régions entières et fait vivre des centaines de milliers de familles.

Cette étape de Kaolack apparaît ainsi comme un signal politique clair : celui d’un Etat qui entend reprendre la main sur les filières stratégiques, corriger les défaillances héritées du passé et restaurer la confiance entre les pouvoirs publics et le monde rural. Reste désormais à traduire ces engagements en actes rapides et mesurables, car dans les campagnes sénégalaises, le temps politique ne coïncide jamais avec le temps agricole.

PROMEDIA


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