Par Mamadou Sèye
Ce qui s’est joué lors du point de presse de la Garde des Sceaux dépasse le simple fait divers carcéral. C’est un moment de vérité institutionnelle, un instant où l’Etat dit qu’il voit, qu’il sait, et qu’il entend agir. L’affaire Farba Ngom n’est plus seulement celle d’un détenu sous mandat de dépôt : elle devient le révélateur d’un système de porosités, de connivences supposées, de pratiques qui interrogent frontalement notre rapport à la Justice, à l’éthique professionnelle et à la République.
Qu’un détenu dispose de téléphones en prison est déjà un scandale en soi. Qu’il s’en serve pour communiquer intensément avec l’extérieur, coordonner des opérations, échanger avec des acteurs politiques, des avocats, des journalistes, des patrons de presse, change d’échelle. On ne parle plus d’un manquement disciplinaire, mais d’une atteinte grave à l’autorité de l’Etat et à l’égalité des citoyens devant la loi. La prison n’est pas un bureau annexe, encore moins une salle de rédaction ou un cabinet d’influence.
Le plus troublant, dans ce déballage assumé, n’est pas tant la liste des contacts que la banalité apparente de ces échanges. Comme si tout cela allait de soi. Comme si l’incarcération ne suspendait ni les réseaux, ni les réflexes, ni les protections informelles. C’est là que le malaise s’installe : quand la Justice laisse entendre que certains statuts — politique, médiatique, professionnel — continuent d’opérer derrière les murs, on touche au nerf de la confiance publique.
La question des journalistes et patrons de presse mérite une attention particulière. Informer n’est pas relayer, enquêter n’est pas servir, et encore moins couvrir des stratégies judiciaires ou politiques. La liberté de la presse est sacrée, mais elle n’est ni un bouclier pour l’opacité, ni une licence pour la confusion des rôles. Si des échanges ont existé, ils doivent être clarifiés. Non pour intimider, mais pour réhabiliter la crédibilité d’un métier déjà fragilisé par les soupçons de collusion.
Même exigence pour les avocats. Le droit à la défense est un pilier de l’Etat de droit. Mais le secret professionnel n’est pas une zone de non-droit, et la déontologie ne saurait tolérer des pratiques qui, si elles étaient avérées, déshonoreraient la robe. La saisine annoncée du Bâtonnier n’est pas un détail : c’est la République qui demande à une corporation de faire sa propre police, avec rigueur et courage.
Reste la méthode. En exposant des chiffres, des volumes d’échanges, des typologies de contacts, la Garde des Sceaux a choisi la transparence offensive. Certains y verront une communication excessive, d’autres une nécessité face aux tentatives de victimisation et aux récits de persécution. Une chose est sûre : la Justice sort de son silence feutré et assume le risque politique de dire ce qu’elle sait. Elle se met ainsi au défi d’aller jusqu’au bout, sans sélection, sans faiblesse, sans deux poids deux mesures.
Car l’enjeu est là. Ou bien cette affaire devient un précédent salutaire, marquant la fin des prisons à géométrie variable et des influences souterraines. Ou bien elle rejoindra la longue liste des tempêtes médiatiques sans lendemain, laissant intactes les habitudes et les réseaux. Le pays observe. La République aussi. Et cette fois, il ne s’agit pas seulement de Farba Ngom, mais de ce que nous acceptons — ou refusons — comme normalité démocratique.
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