Ouattara face au ridicule et à la vraie politique

Par Mamadou Sèye

Tidjane Thiam a enfin obtenu son certificat de nationalité ivoirienne. Après des mois de cirque judiciaire et de cabales bureaucratiques, le pouvoir d’Abidjan se retrouve ridicule à souhait.

Né en Côte d’Ivoire, issu d’une famille qui a marqué l’histoire du pays, Thiam a dû démontrer ce qui allait de soi. L’ivoirité, cet outil jadis honni, est ressortie comme un instrument de manipulation politique. Une méthode désuète, mesquine, digne des feuilletons les plus pathétiques. Et le monde entier regarde, éberlué.

Pourtant, le tableau n’est pas terminé. Même muni de ce document tant attendu, Thiam demeure radié des listes électorales. La justice a tranché : au moment de son inscription, il n’avait pas encore renoncé à sa nationalité française. Voilà le vrai verrou, celui qui peut encore le priver de la course présidentielle. Le Conseil constitutionnel tient désormais le sort de la démocratie ivoirienne entre ses mains.

Pendant ce temps, le terrain bouillonne. L’opposition a montré sa puissance lors de mobilisations mémorables. Des foules enthousiastes, un peuple éveillé, qui prouve que la vraie légitimité ne se décrète pas dans des bureaux feutrés. Et c’est là que le pouvoir montre sa fragilité : le peuple ne se laisse plus intimider par les certificats ni les manœuvres de papier.

Et puis, il y a l’ombre de Paris. La capitale française observe, souffle discret mais pesant sur Ouattara. Une pression douce mais insistante, qui rappelle que la communauté internationale n’ignore rien des coups de théâtre à Abidjan.

Le bilan pour Ouattara est clair : en tentant de piéger Thiam, il s’est enfoncé dans le ridicule. Un pouvoir qui craint le verdict populaire est un pouvoir qui vacille. Thiam, lui, sort grandi : victime d’une machination mesquine, il apparaît désormais comme l’adversaire légitime et respectable, celui que le peuple est prêt à suivre.

Le message est simple : le vrai pouvoir se gagne sur le terrain, dans les urnes, dans la confiance des citoyens. Les certificats, les tribunaux et les gesticulations bureaucratiques n’impressionnent plus personne. Et pour Ouattara, le plus dur reste à venir.

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