Sonko dans le cercle des maîtres : ceux qui complotent n’ont rien compris au monde qui a changé

Par Mamadou Sèye

Il est des livres qui commentent l’Histoire. Et il est des livres qui l’ordonnent. Le nouvel ouvrage de Pascal Boniface consacré aux 20 maîtres du monde appartient à cette seconde catégorie. Ce n’est ni un livre de circonstances, ni un essai d’humeur, encore moins un coup médiatique. C’est une cartographie rigoureuse du pouvoir réel, tel qu’il s’organise aujourd’hui à l’échelle de la planète. Et dans cette cartographie du monde qui compte, un fait majeur s’impose désormais : Ousmane Sonko y figure.

Dès lors, une précision est capitale : Pascal Boniface n’est pas n’importe qui. Il est l’un des géopolitologues les plus écoutés de l’espace francophone et au-delà, fondateur et directeur de l’IRIS, auteur de référence, consulté par les chancelleries, lu dans les centres de décision, invité dans les enceintes stratégiques du monde. Quand Boniface classe, il ne flatte pas. Il acte. Il engage sa crédibilité scientifique. Et cette crédibilité est mondiale. Ce classement n’est donc ni une faveur, ni un signal militant. C’est une reconnaissance de puissance.

Que signifie alors, dans l’ordre mondial actuel, l’entrée d’un leader sénégalais, africain, souverainiste, issu d’une trajectoire de combat politique, dans le cercle fermé des maîtres du monde ? Cela signifie une chose essentielle : le centre de gravité du pouvoir mondial est en train de se déplacer. Lentement, mais irréversiblement. Le monde n’est plus structuré uniquement par quelques capitales occidentales, quelques institutions financières et quelques anciennes puissances. De nouveaux pôles émergent. De nouvelles figures s’imposent. De nouveaux récits deviennent dominants.

Sonko n’est pas un accident dans ce basculement. Il en est l’un des produits politiques les plus cohérents en Afrique francophone. Son parcours n’a rien d’un destin fabriqué : contrôles, harcèlement judiciaire, tentatives d’isolement, diabolisation, prison, volonté manifeste d’effacement. Et pourtant, il est toujours là. Mieux : il est plus central que jamais. Ce que Pascal Boniface consacre aujourd’hui, ce n’est pas seulement un homme, c’est une dynamique historique devenue irréversible : celle d’un leadership de rupture que toutes les tentatives d’éradication ont paradoxalement renforcé.

Son leadership a depuis longtemps dépassé le cadre strictement sénégalais. Il est devenu continental, et désormais lisible sur la scène mondiale. Il incarne une ligne idéologique claire : souveraineté politique, justice sociale, rupture avec les dépendances, restauration de l’Etat stratège, dignité africaine retrouvée. Dans un monde traversé par la crise des modèles, ce discours rencontre un écho puissant.

Ce livre est donc, au sens propre, du béton. Du béton intellectuel. Du béton stratégique. Du béton géopolitique. Il repose sur l’analyse froide des forces réelles : Etats, économie, finance, réseaux d’influence, idéologies, peuples en mouvement. Et dans ce paysage, l’Afrique cesse progressivement d’être un simple terrain de jeu pour redevenir un foyer de production de leadership mondial. C’est ce déplacement historique que Boniface fixe noir sur blanc.

On comprend alors pourquoi cette reconnaissance dérange. Elle retire à ses adversaires leur dernier refuge : celui de la relativisation. On pouvait dire : « il est populaire », « il est clivant », « il est contesté ». Mais on ne peut plus sérieusement dire : « il est marginal ». Un homme classé parmi les 20 maîtres du monde est, par définition, un acteur structurel du système mondial. On ne le contourne plus, on compose avec lui.

C’est là que ceux qui complotent encore contre Ousmane Sonko n’ont rien compris. Ils raisonnent avec de vieilles grilles. Ils croient encore, naïvement, que le pouvoir se résume à un fauteuil présidentiel. Or, comme le soulignait lucidement Jacques Attali, ce n’est plus l’Etat qui gouverne le monde, ce sont les circuits de la finance, les réseaux d’influence, les centres de décision transnationaux. La fonction ne fait plus toute la puissance. L’audience internationale, la crédibilité idéologique, la capacité de mobilisation comptent désormais autant, sinon davantage.

Dans ce monde-là, Sonko peut aujourd’hui accéder à des tables auxquelles bien des chefs d’Etat n’ont pas accès. Non par décor, mais par poids réel. Il pourrait, s’il le voulait, être happé par le circuit fermé des conférences internationales fortement rémunérées, des forums d’élite, des cercles d’influence où se croisent décideurs, financiers et stratèges. Il pourrait remplir des salles entières, être ovationné par des foules étrangères parfois plus que certains Présidents en exercice. Beaucoup préféreraient cette trajectoire au fardeau écrasant du pouvoir dans nos Etats fragiles.

Mais c’est précisément là que réside la singularité de Sonko. Il n’est pas mû par la rente symbolique ni par le confort personnel. S’il accepte la pression gigantesque qui s’exerce sur lui, ce n’est ni par fascination pour le palais, ni par obsession du titre. La seule pression qu’il assume réellement, c’est celle du devoir envers son peuple.

Voilà ce que ses adversaires refusent de comprendre. Ils continuent de croire qu’en l’écartant par des dossiers fabriqués, ils régleraient un problème interne, électoral, local. Ils ne voient pas que l’enjeu a changé d’échelle. Ce qui se joue désormais autour de Sonko dépasse le Sénégal. C’est une séquence africaine. C’est une séquence générationnelle. C’est une séquence mondiale.

Dans ce contexte, une vérité s’impose silencieusement : on ne gère plus Sonko dans un bureau de procureur. On ne l’efface plus par des manœuvres administratives. On ne l’élimine plus du jeu par des procédés perçus comme artificiels. Car le Sénégal est désormais scruté à l’échelle internationale, et chaque secousse politique est aussitôt intégrée dans les calculs des bailleurs, des investisseurs, des partenaires stratégiques.

Aucun investisseur sérieux, aucun bailleur responsable, aucune puissance occidentale lucide n’accepte durablement de voir un acteur central du jeu politique être écarté en dehors des règles démocratiques lisibles. Le monde est brutal, mais il est surtout pragmatique. On peut battre un adversaire dans les urnes. On peut le combattre politiquement. Mais chercher à l’effacer par d’autres voies devient, dans l’économie globalisée, un facteur d’instabilité, de méfiance et de dissuasion économique.

Ce livre de Boniface envoie donc un message clair à qui veut l’entendre : les équilibres internes du Sénégal ont désormais une portée internationale. Et au cœur de ces équilibres se trouve Ousmane Sonko, qu’on l’admire ou qu’on le combatte.

Pour les jeunesses africaines, cette consécration est un signal : l’Histoire n’est pas verrouillée, les trajectoires ne sont pas écrites d’avance. Pour les vieilles oligarchies, c’est un avertissement : le temps des certitudes est révolu. Pour les partenaires étrangers, c’est une invitation à revoir leurs grilles de lecture sur le Sénégal et sur l’Afrique.

En consacrant Sonko parmi les 20 maîtres du monde, Pascal Boniface ne prophétise pas : il constate. Il enregistre un basculement déjà en cours. Il officialise l’entrée d’un leader sénégalais dans la cour des acteurs qui comptent pour de bon.

Le Sénégal est désormais face à une responsabilité historique. Soit il accompagne ce moment avec intelligence, stabilité et maturité. Soit il tente de l’entraver par de vieux réflexes devenus inadaptés au monde nouveau.

Mais l’Histoire, elle, a déjà commencé à avancer.
Et la seule pression véritable qui pèse aujourd’hui sur Ousmane Sonko, c’est celle de vouloir servir son peuple.

Le reste n’est que calculs à courte vue.

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