Par Mamadou Sèye
Camarade, il ne s’agit pas ici de pratiquer la divination politique ou de jouer les prophètes paresseux. Mais l’observateur lucide, posé, sans lunettes idéologiques, voit très clairement que la coalition “Diomaye Président” est morte de sa belle mort. Fin de cycle. Rideau. Et l’on retiendra que c’est la dernière sortie politique, totalement inappropriée, du Dr Abdourahmane Diouf, qui aura servi de certificat de décès.
Le symbole n’est pas anodin : la présidente de ladite coalition, Mme Aïda Mbodj, brillait par son absence lors de la manifestation du parti du Dr Diouf. Quand le capitaine ne se déplace plus pour l’équipage, c’est que le navire n’existe déjà plus. Ce n’est pas de la politique-fiction, c’est de la lecture basique de signaux faibles devenus criards.
On voit mal PASTEF, qui fut l’incontestable locomotive de cette coalition, revenir s’emmêler dans un attelage qu’il a déjà dépassé. Aux législatives, PASTEF est allé seul, souverain, vertical. Et le peuple — détenteur exclusif du dernier mot — a répondu présent. On ne descend pas d’un train à grande vitesse pour remonter dans un véhicule abandonné sur le bas-côté. Pour faire quoi ? Renégocier sa propre victoire ? Absurde.
Diomaye est Président, et le temps du romantisme de campagne est révolu. Place au travail. Aux réformes. A la verticalité. Ceux qui s’agitent encore autour d’une structure vide feraient mieux de regagner leur formation politique et d’y retrouver colonne vertébrale et cohérence. L’ingénierie du parasitage permanent a vécu.
Car il faut être clair : Bassirou Diomaye Faye n’entreprendra rien — absolument rien — qui puisse frustrer PASTEF, son parti, sa base militante et, surtout, Ousmane Sonko, source motrice et noyau idéologique de toute la dynamique actuelle. Les illusions audacieuses, les calculs de couloir et les rêves d’influence hors-sol peuvent s’arrêter là. La politique n’est pas une salle d’attente pour carriéristes affamés.
La gêne est palpable chez certains qui pensaient pouvoir instrumentaliser la coalition comme escalier politique. Mauvais calcul. La réalité leur rappelle l’un des fondamentaux du champ politique : une coalition est un instrument de conquête, rarement un outil de gouvernance. Elle naît, vit, et s’éteint une fois sa mission accomplie. Ceux qui ne l’ont pas compris sont déjà en retard d’une séquence.
Aujourd’hui, la coalition “Diomaye Président” n’a ni raison d’être, ni agenda, ni horizon stratégique. Sa disparition est organique, logique, féconde même. Elle clarifie. Elle assainit. Elle replace chacun à sa place, dans son parti, devant ses militants — et non derrière un fauteuil présidentiel qu’on observe sans avoir contribué à l’enraciner.
Les lamentations de certains acteurs révèlent surtout une incapacité à exister sans béquille institutionnelle. Et cela en dit long sur la profondeur de leur projet.
Le pouvoir actuel n’a ni le temps, ni l’envie, ni la vocation de ménager des susceptibilités de circonstance. Ceux qui espéraient prolonger le casting de campagne ont oublié une règle d’or : l’élection finit où la gestion commence.
PASTEF, lui, avance. Le Président, lui, travaille. Et le pays, lui, regarde.
Le reste ?
De la nostalgie décorative.
De l’agitation sans prise.
Et parfois, disons-le avec élégance, du larbinisme tardif qui a assez duré.