Par Mamadou Sèye
L’engagement communautaire est au cœur de la nouvelle stratégie de prévention et de lutte contre les inondations. Il intervient en parfait complément du changement de paradigme opéré par le Ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement, Dr Cheikh Tidiane DIEYE pour plus d’efficacité, de réactivité, d’équité et de proximité. D’ailleurs, en juin dernier, l’ONAS, en collaboration avec le Collectif « Mboolo Moy Doolé » et avec le soutien de l’International Budget Partnership (IBP), a organisé, à l’Arène Nationale, la première édition des Opérations « Waajal Nawet », également appelées « Opérations pré-hivernales (OPH) communautaires ». Cette journée a permis des échanges avec les communautés représentatives de la banlieue dakaroise. Une deuxième et une troisième éditions se sont tenues à Guédiawaye, puis à Keur Massar. Ces journées ont été l’occasion de visites conjointes des différents points noirs (zones inondables et inondées), de sensibilisation des populations sur l’entretien des ouvrages, de la signature d’une convention de partenariat entre le collectif « Mboolo Moy Doolé » et l’ONAS, la tenue de réunions d’informations communautaires et du curage, de la réparation et de la construction d’ouvrages d’assainissement dans le cadre du programme d’assainissement des 10 villes. La quatrième édition se tiendra ce samedi 12 juillet 2025, sur l’ensemble du territoire national. Le coup d’envoi officiel sera donné à Diamagueune Sicap Mbao, sous la haute présidence du Ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement, le Docteur Cheikh Tidiane DIEYE.
La mutation stratégique opérée dans la prévention et la lutte contre les inondations a provoqué une synergie dans la banlieue dakaroise avec l’enrôlement d’ONG, d’associations et Organisations Communautaires de base (OCB). Dans ce schéma, le Collectif « Mboolo Moy Doolé » s’illustre à l’avant-garde de la lutte contre les inondations. Ce collectif regroupe l’ONG Urbasen, de la Fédération Sénégalaise des Habitants (FSH), les Unions départementales des Délégués de quartier de Pikine et de Guédiawaye et le Cadre de Réflexion et d’Action des Journalistes sur l’Hygiène, l’Eau et l’Assainissement (CRAJHEA). Il est appuyé techniquement et financièrement par l’ONG International Budget Partnership Sénégal (IBPSN).
Briser le cycle de Sisyphe !
Beaucoup d’efforts ont été faits pour beaucoup de bruits. En atteste l’impact du Plan décennal qui est toujours l’objet d’interrogations. Il y a également la multiplication des acteurs qui offre peu de lisibilité sur les responsabilités entre l’ONAS, la DGPI, l’APIX et l’ADM. L’Etat gagnerait à mettre de l’ordre pour fermer ce cycle qui a commencé à la fin des années 1980 avec les images des demeures sous les eaux à Nietty Mbars et Gounass, dans le département de Guédiawaye. Mousdalifa et Diamaguène ont suivi. Le phénomène s’est accru en 2005, avec les pluies exceptionnelles ayant provoqué la mise en œuvre du Plan Jaxaay pour le relogement des sinistrés. Ils ont été sous les bâches, au Camp Faidherbe de Thiaroye avant que des logements sociaux leur soient affectés dans les extensions de Keur Massar. Thiaroye, Bagdad, Diacksao, Sam-Sam et Guinaw Rails sont devenues des zones sinistrées. Dans d’autres régions comme Diourbel, Kaolack, Saint-Louis la furie des eaux a fait des malheureux.
Un ‘’ Rapport d’évaluation des besoins post catastrophes’’ du Gouvernement du Sénégal, publié en juin 2010, estime que plus de 250.000 familles ont été affectées par les inondations. Des réponses ont été formulées, notamment le Programme Décennal de lutte contre les Inondations (2012-2022), intégrant le Projet de Gestion des Eaux pluviales et d’Adaptation au Changement Climatique (PROGEP) avec le concours de la Banque Mondiale. Dans la même lancée, l’Office National de l’Assainissement du Sénégal (ONAS) exécute, chaque année, des Opérations Pré-hivernage. Il s’agit du curage des réseaux primaires et secondaires de drainage des eaux pluviales, des bassins de rétention et des stations de pompage ainsi que le renouvellement de leurs équipements de pompage. Ces moments sont mis à profit pour sensibiliser les populations sur l’adoption de bons comportements et sur la préservation des ouvrages d’assainissement. Un autre intervenant, la Direction de la Prévention et de la Gestion des Inondations (DGPI) du Ministère de l’Hydraulique et de l’Assainissement fait un travail remarquable dans la coordination des actions de lutte contre les inondations.