OFNAC : pour une présidence de rupture, le choix Alioune Ndao

Par Mamadou Sèye

Avant-hier, l’Assemblée nationale a adopté la nouvelle loi sur l’OFNAC, présentée comme le socle d’une ère nouvelle de lutte contre la corruption. Pouvoirs d’enquête renforcés, extension des déclarations de patrimoine, meilleure protection des lanceurs d’alerte : la refondation est actée. Reste une question décisive : qui pour incarner ce nouveau départ ? Dans ce moment charnière, il faut un profil qui rassure les citoyens, impressionne les acteurs publics, rassure les partenaires internationaux et mette en confiance la société civile. Alioune Ndao, ancien procureur spécial de la CREI, s’impose comme l’option la plus crédible et la plus efficace pour donner un visage et un rythme à l’OFNAC acte II.

Alioune Ndao n’est pas un magistrat ordinaire. Sa trajectoire a croisé certains des dossiers les plus sensibles de la décennie, à la tête de la Cour de Répression de l’Enrichissement Illicite. Cet épisode a marqué l’opinion nationale et internationale. Qu’on l’apprécie ou qu’on le critique, une chose est incontestable : il a appris à naviguer au cœur de la tempête. Face à des enjeux financiers colossaux, sous pression politique permanente et devant l’œil inquisiteur de l’opinion, il a tenu la barre. Cette connaissance intime des mécanismes de l’enrichissement illicite, des montages patrimoniaux et des fragilités procédurales constitue aujourd’hui un atout rare. L’OFNAC a précisément besoin de cette compétence technique pour transformer les intentions législatives en résultats concrets.

Nommer Alioune Ndao à la présidence de l’OFNAC serait plus qu’une nomination : ce serait un message politique puissant. Le message que l’Etat ne cherche pas un figurant mais un capitaine aguerri. Le message que la lutte anticorruption ne se joue pas dans les slogans mais dans la rigueur, la maîtrise des procédures et le courage de suivre les dossiers jusqu’au bout. Dans une société où la suspicion envers les institutions est profonde, la crédibilité passe par le choix d’une personnalité déjà éprouvée par l’histoire. Ndao incarne cette crédibilité.

Les critiques ne manqueront pas. On rappellera son limogeage en 2014, certains y verront un signe de politisation. Mais n’est-ce pas justement la preuve qu’il connaît les lignes de fracture, qu’il a déjà payé le prix d’une posture ferme, et qu’il est donc le mieux placé pour bâtir une institution capable de résister aux interférences ? On évoquera ses prises de parole parfois clivantes. Mais il faut juger l’homme non pas sur ses déclarations passées mais sur sa capacité à produire des résultats. Et dans un cadre institutionnel doté de règles de communication strictes, son expérience médiatique devient un avantage plus qu’un handicap. Enfin, certains plaideront pour du sang neuf. Mais l’OFNAC version 2025 n’a pas besoin d’un apprenti : il a besoin d’un bâtisseur.

Alioune Ndao à la tête de l’OFNAC, c’est la garantie d’un plan d’action concret : audit d’entrée pour identifier les zones à haut risque, lancement immédiat des contrôles de patrimoine, protocole clair avec le parquet pour assurer un suivi effectif des transmissions, sécurisation du canal des lanceurs d’alerte et transparence proactive avec la publication trimestrielle d’un tableau de bord des plaintes, enquêtes et suites judiciaires. Cette méthode, appliquée avec rigueur, permet de juger l’OFNAC non pas sur ses intentions mais sur ses résultats mesurables.

La société civile réclame des actes, les partenaires internationaux veulent des indicateurs clairs, les citoyens exigent que l’impunité cesse. Dans ce contexte, Alioune Ndao est l’homme du moment : celui qui peut transformer un texte de loi en institution performante, et une ambition en confiance retrouvée.


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