Singletons : blessures imaginaires et débats recyclés

Par Mamadou Sèye

Il y a des mots qui, à force d’être mal employés, finissent par révéler le vide de ceux qui les prononcent. Quand Thierno Bocoum annonce qu’il est en « convalescence » après une blessure « professionnelle » contractée… en jouant au foot, le pays sourit. Professionnelle, vraiment ? Comme si une glissade sur gazon équivalait à une mission de terrain. Comme si une cheville foulée pouvait être assimilée à un accident du travail. Cette disproportion dit tout : la prétention de se donner une stature là où il n’y a que banalité.

Mais ce n’était que l’échauffement. Le cœur de son propos portait sur… les fonds politiques. Un sujet déjà expliqué mille fois par les nouvelles autorités, qui ont annoncé leur remplacement par des fonds spéciaux, encadrés et traçables par l’Assemblée nationale. Bocoum, en découvrant cette page de Solutions d’Ousmane Sonko, fait semblant de tomber sur une nouveauté, alors qu’il récite une leçon déjà sue et corrigée. C’est comme arriver en retard à un examen et s’étonner que les copies soient déjà ramassées.

Et c’est bien là tout le problème des singletons. Ils ne construisent rien, ils répètent. Ils ne proposent rien, ils recyclent. Ils ne portent aucun projet, ils se nourrissent de l’obsession contre Sonko et Diomaye. Voyez-les : incapables d’expliquer comment ils mèneraient le pays, ils s’accrochent aux polémiques secondaires. Incapables de bâtir un mouvement, ils confondent vidéo solitaire et meeting populaire.

Pendant ce temps, le réel avance. Sonko prend l’avion présidentiel, Diomaye reçoit au Palais chefs d’Etat et délégations. Le Sénégal, dans sa majorité, s’intéresse aux grandes réformes, à la gouvernance, aux urgences sociales. Mais les singletons, eux, restent prisonniers d’une boucle : blesser la langue par des mots mal choisis et blesser l’intelligence collective par des débats dépassés.

Alors qu’ils se posent la seule question qui vaille : pourquoi Sonko ne parle jamais d’eux, alors qu’eux ne parlent que de lui ? La réponse est limpide : ce n’est pas arrogance ni manque d’humilité. C’est que, lorsqu’on gère un Etat, on n’a pas le temps des riens. Gouverner, c’est agir. Les autres, qu’ils continuent de crier dans le vide : le pays ne les écoute plus.

La vérité est cruelle : leur seule « blessure professionnelle », c’est d’avoir raté leur rendez-vous avec l’Histoire.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *