Diaspora bonds : quand la diaspora prête son argent… et son espoir

Par Mamadou Sèye

A Milan, le Premier ministre Ousmane Sonko a proposé un projet qui peut changer profondément la relation entre l’Etat et sa diaspora : les diaspora bonds. Ce mécanisme, déjà éprouvé ailleurs, consiste à offrir aux expatriés la possibilité d’investir directement dans leur pays, en souscrivant à des obligations garanties par l’Etat et adossées à des projets concrets. Contrairement aux transferts d’argent classiques, souvent destinés à la consommation immédiate, ces fonds iraient vers des infrastructures, l’agriculture, l’énergie, l’éducation, la santé, ou encore l’innovation technologique. Et pour la diaspora, il ne s’agit pas de faire un don, mais bien de devenir investisseur, avec la perspective claire de toucher des dividendes.

L’expatrié n’est plus seulement celui qui envoie un mandat à sa famille. Il devient co-bâtisseur du destin national, partenaire stratégique de l’Etat, actionnaire de l’avenir du pays. Et pour le Sénégal, c’est une alternative crédible et souveraine à l’endettement extérieur, souvent assorti de conditions étouffantes. En mobilisant sa propre diaspora, le pays finance ses projets sur des bases patriotiques et solidaires, mais aussi rationnelles et rentables.

Des exemples existent déjà : Israël, l’Inde, le Nigeria ont levé des milliards de dollars auprès de leurs diasporas pour soutenir leur économie. Pourquoi le Sénégal ne réussirait-il pas à mobiliser ses milliers d’expatriés, qui chaque année envoient plus de 2 000 milliards de FCFA ? Avec seulement 10 % d’entre eux investissant chacun 1 000 euros, le pays lèverait l’équivalent de plusieurs centaines de milliards de FCFA.

Mais au-delà de la mécanique financière, il y a une vérité fondamentale : un diaspora bond repose avant tout sur la confiance. Et cette confiance, aujourd’hui, la diaspora sénégalaise l’accorde massivement à Ousmane Sonko. Dans les foyers, les associations, les villes européennes et américaines, les Sénégalais de l’extérieur voient en lui le symbole d’une rupture attendue depuis longtemps. Ils ne croient pas seulement à la rentabilité de leur épargne, ils croient à sa parole, à son intégrité, à sa volonté de rompre avec les pratiques opaques.

C’est là que se trouve l’aspect le plus subjectif mais aussi le plus décisif du projet. La diaspora prête de l’argent, certes, mais elle prête aussi une part de son cœur, de sa mémoire et de son espoir. Elle investit non seulement dans des obligations financières, mais dans une promesse politique et morale : celle d’un Sénégal nouveau, souverain et transparent. Si ce projet venait d’autres dirigeants, il susciterait probablement scepticisme et prudence. Porté par Sonko, il suscite enthousiasme et confiance, parce qu’il incarne une crédibilité rare.

Et le Président Bassirou Diomaye Faye n’est pas en reste. Lui aussi a montré, dès les premières semaines de son mandat, que la diaspora occupe une place centrale dans son projet. En Conseil des ministres, il a décidé l’organisation, dès le mois de décembre prochain, de la première édition de la Journée nationale de la diaspora. Ce geste fort traduit une volonté présidentielle de donner à nos compatriotes de l’extérieur une reconnaissance institutionnelle et symbolique, et de les intégrer pleinement dans la vision de développement du pays.

Voilà pourquoi l’idée lancée à Milan est salutaire : elle conjugue patriotisme et rentabilité, raison et émotion, calcul économique et foi politique. Les diaspora bonds ne seront pas seulement un instrument financier ; ils seront un pacte de confiance entre un peuple dispersé et un leadership incarné à la fois par Sonko et Diomaye. La diaspora investira parce qu’elle aime son pays, parce qu’elle croit en ceux qui le dirigent, et parce qu’elle sait que son engagement trouvera une traduction concrète en dividendes et en projets tangibles.

En définitive, le projet des diaspora bonds, renforcé par la Journée nationale de la diaspora, devient bien plus qu’une option économique : il incarne une nouvelle ère, où les enfants du Sénégal, d’ici et d’ailleurs, bâtissent ensemble un avenir souverain, solidaire et prospère.


Un commentaire sur « Diaspora bonds : quand la diaspora prête son argent… et son espoir »

  1. Excellent article. Nous sommes de ceux qui croient que la diaspora est un levier dont les autorités doivent utiliser au service du progrès économique et social de notre pays.
    Cette perspective doit aller au delà de la diaspora bonds. Il est impératif, si le.Sénégal veut en tirer le meilleur profit, d’organiser et d’accompagner économiquement la diaspora: l’état doit penser, définir, concevoir, et mettre en oeuvre une politique de la diaspora. Une politique qui l’aide à mieux s’insérer dans les.circuits économiques modernes de leurs pays d’accueil. Par la création de Chambres de Commerce Sénégalaises aux USA, en France, en Allemagne, au Brésil, etc., combinées à sociétés de crédit mutuelle, on peut renforcer l’entreprenariat des Sénégalais de l’étranger pour accroître leurs revenus et leur permettre d’investir davantage dans le pays.
    Il faudra juste une volonté politique poir faire de nos ressortissants à l’étranger une diaspora dynamique et entrepreneur axiale a l’image des chinois, hindous, mexicains et autres.

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