Détente-Opposition : Course de fond perdue d’avance

par Mamadou Sèye

Ils avaient annoncé la couleur : ils allaient manifester avec ou sans autorisation. Le préfet, courtois et conciliant, leur avait simplement demandé de revoir l’itinéraire. Rien n’y fit. On a assisté au grand classique : surenchère verbale, posture théâtrale… et, au final, fragile démonstration.

Car sur le terrain, la vraie politique a parlé. A la première grenade lacrymogène, certains des plus fougueux dissidents ont découvert un talent insoupçonné pour la vitesse pure. Les rues de Dakar ont vu naître, l’espace de quelques secondes, des héritiers de Usain Bolt. (Rires).

Fait notoire : aucune présence des fameux “singletons”, ces présidents autoproclamés de micropartis, leaders sans base de masse, qui ne doivent leur visibilité qu’aux studios climatisés des télévisions. Sur les réseaux, ils rugissent. Sur le terrain, ils s’évaporent. Le peuple n’est pas dupe.

On sait ce qui vient ensuite. Dans quelques heures, ils prendront d’assaut les plateaux, dénonceront le manque de démocratie, hurleront à la répression, et joueront les martyrs… après avoir battu des records de vitesse dignes d’un championnat d’Afrique. L’argument fait sourire. Parfois franchement éclater de rire. Les Sénégalais ont maintenant l’œil exercé.

Au milieu de cette agitation théâtrale, une évidence s’impose : Sonko a raison ; il n’y a pas d’opposition au Sénégal. Pas celle qui propose, qui rassemble, qui assume. Seulement des acteurs de la gesticulation, intermittents du courage, champions du forfait stratégique. Une opposition en carton-pâte, qui se dilue au premier nuage de gaz, et se reconstitue, héroïque, devant les caméras.


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