Madame Fatou Diagne : « Protéger nos enfants, c’est protéger le Sénégal »

Madame Fatou Diagne, présidente de l’association “Yayou étudiants yi”, ne cache pas son inquiétude après les heurts qui ont une nouvelle fois secoué l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar. Elle voit dans cet épisode la répétition d’un schéma désormais familier : les retards de paiement des bourses, source récurrente de tensions et de crispations.

Elle rappelle qu’un seul retard suffit à bouleverser la vie de milliers d’étudiants : repas difficiles à assurer, difficultés de transport, anxiété croissante. « Nos enfants ne réclament pas le superflu. Ils demandent juste les moyens minimums pour étudier dignement », insiste-t-elle.

Les affrontements entre étudiants et forces de l’ordre, largement relayés sur les réseaux sociaux, ont jeté le trouble parmi les familles. « Quand cela éclate sur le campus, c’est tout un pays qui tremble. Chaque mère vit l’événement comme si son propre enfant était pris dans l’orage », confie-t-elle.

Cependant, Madame Diagne refuse la logique du bras de fer. Elle reconnaît que l’enveloppe budgétaire consacrée aux bourses est considérable et que l’Etat est interpellé sur plusieurs fronts. C’est précisément pour cela, explique-t-elle, qu’il est urgent d’instaurer un dialogue permanent entre toutes les parties : autorités, étudiants, parents, acteurs du campus. « Lorsqu’on se parle régulièrement, lorsqu’on s’écoute, la crise n’a plus les mêmes occasions d’éclater. »

Elle rappelle aussi que l’association, bien que ne souhaitant jamais intervenir dans un climat de tension, demeure toujours prête à jouer un rôle de médiation lorsque la situation l’exige. « Notre mission, c’est d’apaiser. Si nous devons servir de passerelle pour calmer les esprits, nous le ferons. Une crise évitée, c’est toujours une victoire pour le pays. »

Pour Mme Diagne, la responsabilité est collective. L’Etat doit respecter la ponctualité des bourses, les étudiants doivent préserver leur espace universitaire, et les forces de l’ordre doivent agir avec discernement. « Nous ne sommes contre personne. Nous sommes du côté de la paix, de l’équilibre et de l’avenir de nos enfants. »

Les attentes des “Yayou étudiants yi” restent simples : un calendrier de paiement fiable, un dispositif d’information en cas de retard, et une implication accrue des parents dans les décisions qui touchent directement à la vie de leurs enfants. « Les étudiants ne sont pas des statistiques. Ils sont les futurs bâtisseurs de notre nation. »

Et Madame Fatou Diagne de conclure, avec la gravité des mères qui portent le pays dans leur cœur :
« Retards, tensions, blessés… ce cycle doit cesser. Protéger nos enfants, c’est protéger le Sénégal. »

PROMEDIA

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