Arona Coumba Ndoffène Diouf, l’éternel revenant qui n’a plus de saison politique

Par Mamadou Sèye

Camarade, il y a des figures politiques qui, à force d’avoir perdu tout ancrage réel, finissent par croire que la parole publique peut compenser l’absence de base. Arona Coumba Ndoffène Diouf, ancien ministre-conseiller sous Macky Sall, fait désormais partie de ce club très fermé des responsables qui refusent obstinément de regarder leur avenir politique en face. Le voilà, soudainement inspiré, s’invitant dans la prétendue brouille entre Diomaye et Sonko, comme pour rappeler à l’opinion qu’il existe encore. Quelle ironie.

Ayant été remercié sous Macky Sall, sans véritable troupes ni influence durable, il se découvre une nouvelle vocation : conseiller gratuitement au Président Diomaye de se séparer de son Premier ministre. On aura tout vu. Et ce, au moment même où Ousmane Sonko prépare avec rigueur la prochaine tournée économique du Président en Casamance. Franchement, camarade, il faut un certain aplomb pour s’improviser stratège national quand on peine déjà à exister politiquement dans son propre terroir. Rires.

La vérité est simple : le peuple sénégalais a tourné la page des carriéristes professionnels et des transhumants en quête de seconde vie. L’opinion publique est devenue très sensible à ces manœuvres d’un autre âge. Se glisser dans les fissures supposées d’un duo exécutif pour espérer recoller aux lambris du pouvoir est non seulement maladroit, mais profondément déconnecté du Sénégal d’aujourd’hui.

Et puis, camarade, il y a quelque chose de presque indécent à voir un homme qui pourrait être le père de Diomaye et Sonko, se comporter comme un pyromane politique. Dans la tradition africaine, les anciens rassemblent, ils ne divisent pas. Ils apaisent, ils ne soufflent pas sur des braises imaginaires. Chercher à semer le doute entre deux leaders que tout destinait à travailler ensemble relève d’une maladresse confondante. Heureusement, c’est une tentative aussi tapageuse qu’improductive. Rires.

Le plus triste, c’est qu’Arona Coumba Ndoffène Diouf n’est pas un cas isolé. Toute une génération de responsables — ministres-conseillers recyclés, barons déchus, griots d’influence en rupture de banc — refuse d’admettre que leur avenir politique est derrière eux. Ils veulent continuer à peser sans peser, à parler sans être écoutés, à influencer un jeu politique qui avance désormais sans eux.

Alors oui, camarade, il faut le dire clairement : le Sénégal n’a plus de temps à perdre avec ceux qui veulent absolument rejouer un rôle qu’ils ont déjà mal joué. Place aux idées neuves, aux méthodes saines, et à ceux qui travaillent réellement.

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