APTE recrute, les autres s’interrogent

Par Mamadou Sèye

La politique est parfois cruelle. Elle ne retient ni les intentions ni les déclarations. Elle retient les rapports de force.

Et le rapport de force du moment est difficile à contester.

A quelques heures du premier congrès de PASTEF, la coalition APTE continue d’enregistrer de nouveaux ralliements et annonce l’adhésion de dizaines de partis et mouvements politiques. Une démonstration de vitalité qui contraste fortement avec les difficultés rencontrées par d’autres initiatives politiques pour s’imposer dans le débat national.

Car au-delà des polémiques quotidiennes, une réalité s’impose progressivement : Ousmane Sonko demeure aujourd’hui la principale force d’attraction du camp issu du Projet.

Pendant que certains observateurs scrutent les divergences, les tensions ou les rivalités supposées, Sonko poursuit méthodiquement un travail d’organisation et d’élargissement politique. Les résultats sont visibles. Les partis affluent. Les soutiens s’accumulent. La dynamique semble loin de s’essouffler.

C’est d’ailleurs là que la comparaison devient inévitable.

D’un côté, une coalition APTE qui attire, fédère et s’élargit à mesure que s’approche le congrès de PASTEF.

De l’autre, une coalition portée par le président Diomaye Faye qui peine encore à trouver une véritable assise politique et à imprimer sa marque dans le paysage partisan.

La différence n’est pas seulement organisationnelle. Elle est aussi symbolique.

L’une donne le sentiment d’être un pôle de convergence vers lequel se dirigent des acteurs politiques en quête d’avenir.

L’autre apparaît encore comme une construction en devenir, dont les contours et la capacité de mobilisation restent à démontrer.

En politique, les militants regardent les dynamiques. Les élus regardent les dynamiques. Les responsables de partis regardent les dynamiques. Et lorsqu’une formation attire continuellement de nouveaux alliés, elle finit par apparaître comme le lieu où se construisent les prochaines batailles électorales.

C’est précisément ce qui semble se produire aujourd’hui autour de Sonko.

Que l’on apprécie ou non le personnage, une évidence se dégage : peu de dirigeants sénégalais ont réussi à conserver une telle capacité de mobilisation après l’arrivée de leur camp au pouvoir.

Le premier congrès de PASTEF risque ainsi de dépasser largement le cadre d’une simple rencontre statutaire. Il pourrait consacrer la transformation d’un parti de conquête en une force de rassemblement capable de restructurer durablement le champ politique sénégalais.

Et pendant que certains continuent de spéculer sur les équilibres du pouvoir, les faits suivent leur propre logique.

APTE recrute.

PASTEF se renforce.

Et les autres cherchent encore la formule capable de rivaliser avec cette dynamique.

Comme diraient certains militants avec un sourire malicieux :

« Entre une coalition qui accueille des dizaines de partis et une coalition qui peine encore à exister politiquement, il n’y a effectivement pas photo. » (Rires.)

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