Les ruines fument encore…
J’ai emprunté ce titre à un confrère français qui, il y a une vingtaine d’années, évoquait ainsi les conséquences plus ou moins immédiates d’une déroute de son équipe nationale. Celle que nos « Lions » ont subie mercredi à Seattle, en seizièmes de finale de la 23e Coupe du monde États-Unis – Canada – Mexique 2026, est d’une ampleur tellurique autrement plus importante. Les dégâts sont immenses, le traumatisme est presque national. Et les ruines qui fument ne sont malheureusement qu’annonciatrices d’une secousse d’une envergure insoupçonnée.
Les déballages font déjà rage. Les déclarations fracassantes se multiplient. Les rancœurs sont vivaces. On brûle ce que naguère on avait adoré, ce qui renvoie aux propos rapportés par Hugo Broos, le sélectionneur belge des « Bafana Bafana » d’Afrique du Sud. À un journaliste qui lui disait, au soir d’une belle performance, qu’on devrait lui ériger une statue, il a soutenu avoir répondu qu’il fallait alors la faire en bois. Puisqu’elle serait plus facile à incinérer les soirs de grandes défaites.
Pape Thiaw, le coach, et ses joueurs auraient bien pu faire leurs ces propos du technicien champion d’Afrique 2017 au Gabon avec le Cameroun. Leur immense contreperformance (il faut bien le reconnaître) face aux « Diables rouges » sert de combustible à tous les pyromanes d’ici et d’ailleurs qui leur promettent un bûcher des plus ardents.
Pourtant, il y a à peine six mois, ce même groupe (à quelques exceptions près) et son entraîneur avaient été fêtés, célébrés à travers tout le pays. Ce qui, soit dit en passant, n’était pas très opportun, vu que dix-huit de leurs supporters croupissaient encore dans les geôles marocaines, suite à la victoire des « Lions » en finale de la dernière CAN face au pays organisateur.
Aujourd’hui, la boule a tourné. Il est vrai que la campagne américaine a été une véritable catastrophe en termes de jeu, de résultats et même dans la gestion de l’événement. Avec comme point d’orgue, cette faillite monumentale du seizième de finale. Normal que la colère née de la déception déborde. Les espérances étaient tellement grandes. Plus grande encore a été la désillusion.
Faut-il pour autant en devenir amnésique d’un brillant passé pas si lointain que ça, au point d’envisager de tout renverser, de tout remettre en cause ? Certainement pas. Ce qui s’est passé à la Coupe du monde 2026 sera forcément diagnostiqué, ausculté dans le détail, analysé sous tous les angles, décortiqué dans ses moindres aspects. Pour exorciser le traumatisme. Et afin que de pareils errements, sur le terrain comme en dehors, soient circonscrits au maximum à l’avenir.
En attendant la prochaine secousse tellurique… Les plus radicaux de la météo sportive évoquent même la possibilité d’un tsunami.
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