Telles des quilles…
À 9/10, on avait choisi la prudence. On avait préféré les encouragements aux félicitations. Parce que placer 9 de ses 10 représentants en seizièmes de finale de la Coupe du monde 2026 ne pouvait être considéré comme une grosse performance pour le football africain. C’était quelque chose de presque normal, vu que le format de la compétition est passé de 32 à 48 participants.
D’ailleurs, si la Tunisie – éliminée au premier tour – ne nous avait pas fait un remake de son tube favori « un petit tour puis s’en va », l’Afrique aurait pu réussir un carton plein à l’issue des rencontres de groupe. Puisque là où les « revenants » de la RD Congo, après 52 ans d’absence, ont pu se hisser au second tour, là où les « grands commençants » du Cap-Vert ont tenu tête à des grands comme l’Espagne et l’Uruguay et poussé les champions du monde argentins jusque dans leurs derniers retranchements avant de céder en prolongations, le moins qu’on pouvait attendre de la Tunisie était qu’elle passât le premier écrémage. Même par un trou de souris, comme le Sénégal…
Or, les « Aigles de Carthage » s’étaient très tôt fait déplumer. Et l’on a voulu se consoler – pour ne pas dire se glorifier – d’avoir 9 équipes en seizièmes de finale. Une façon d’oublier que la vraie compétition, dans cette nouvelle configuration de la Coupe du monde, débuterait justement à partir de la phase à élimination directe.
Les résultats de ces seizièmes de finale viennent de nous apprendre qu’on s’était enflammé trop vite. Du 9/10 en trompe-l’œil du premier tour, on est passé à un plus explicite 2/9. Hormis le Maroc et l’Égypte, toutes les autres équipes sont tombées comme des quilles : l’Afrique du Sud face au Canada, la Côte d’Ivoire face à la Norvège, la RD Congo contre l’Angleterre, le Sénégal devant la Belgique, l’Algérie contre la Suisse, le Ghana face à la Colombie et le Cap-Vert devant l’Argentine.
De ces éliminations, il y en a de pas glorieuses du tout (à l’image de celle du Sénégal, victime d’une historique remontada dont un pays entier a encore du mal à se remettre) et… d’encourageantes (comme celle du Cap-Vert qui a longtemps fait douter l’Argentine, tenante du titre, avant de céder en prolongations).
Que Lionel Messi et ses compatriotes aient sorti les « Requins bleus » nous a d’ailleurs privés de ce qui aurait été le premier face-à-face entre équipes africaines en Coupe du monde. Puisque, s’ils étaient passés, les Insulaires auraient croisé en huitièmes de finale l’Égypte, avec l’assurance d’avoir un représentant du continent dans le Grand Huit mondial.
Désormais, les espoirs africains reposent sur les épaules du Maroc et de l’Égypte. La représentation pouvait être bien plus conséquente, mais certains se sont littéralement pris les pieds dans le tapis…
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