Penalty, la Chronique Coupe du monde

Le couteau dans la plaie

La nette victoire de la Belgique (4 buts à 1) face aux États-Unis, tôt ce mardi matin à Seattle, en huitièmes de finale de la Coupe du monde 2026, n’est venue que raviver les regrets par rapport à la piteuse élimination, au tour précédent, des « Lions » par les « Diables rouges ». À 2-0, à moins de cinq minutes de la fin du temps réglementaire, les Sénégalais avaient trouvé le moyen de se faire rejoindre au score avant d’être crucifiés en toute fin de prolongation.

Ce qui avait déclenché un torrent de critiques sur le casting des joueurs, le jeu produit, les changements opérés, la composition de la délégation, la gestion du quotidien de l’équipe. Et ouvert, du coup, la boîte de Pandore des révélations, des rumeurs, des accusations et des déballages. Et cela ne fait malheureusement que commencer.

On réclame des têtes, on crie à la révolution. On vante les qualités de tel ou tel possible ou probable coach, candidat déclaré ou caché à la succession de l’actuel sélectionneur. Les lobbies s’activent comme jamais et… même quelques « sorciers blancs » entrent dans la danse.

Et voilà que, pour ajouter à cette effervescence, la Belgique, qui a mis un terme au rêve de grandeur sénégalais, se paie les États-Unis, dernier des trois pays organisateurs encore en lice. Une manière indirecte des « Diables rouges » de remuer le couteau dans la plaie. Puisque même leur gardien de but, Thibaut Courtois, a eu ce commentaire après la qualification de son équipe pour les quarts de finale : « Le Sénégal était une équipe plus forte que les États-Unis. »

Peut-être aussi qu’après s’en être tirés à bon compte face au Sénégal, les joueurs de Rudi Garcia se sont dit que plus rien ne pourrait les arrêter. Ce qui réveille aussi d’autres douloureux souvenirs chez les Sénégalais.

D’abord en 2017, au Gabon, lorsque les « Lions », jusque-là brillants, avaient littéralement perdu leur football en quarts de finale pour s’incliner face à un Cameroun jusque-là moribond, qui avait repris du poil de la bête avant de remporter son cinquième titre continental. Ensuite en 2024, lorsqu’ils avaient de nouveau sombré en huitièmes de finale de la CAN ivoirienne face à l’équipe locale revenue d’enfer et qui avait ensuite tout renversé sur son passage jusqu’à la victoire finale.

C’est à croire que le Sénégal est une sorte de « révélateur », une valeur étalon à partir de laquelle les autres se jaugent. Un adversaire qui, une fois battu, donne des idées et décuple les forces ainsi que la détermination de ses tombeurs.

Ce qui ne veut toutefois pas dire que la Belgique, subitement joueuse et dominatrice, ira au bout de son rêve, comme le Cameroun en 2017 ou la Côte d’Ivoire en 2024, tous deux totalement transcendés après avoir frôlé le pire contre le Sénégal.

Les « Diables rouges » ont encore du boulot à faire. Qu’ils commencent déjà par négocier leur quart de finale de vendredi prochain, à Los Angeles, face à l’Espagne.

PROMEDIA

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