Penalty, la Chronique Coupe du monde

Un cautère sur une jambe de bois

« Engager une procédure de cessation de fonction du sélectionneur national Pape Thiaw ainsi que de l’ensemble du staff technique ». La fédération sénégalaise de football n’a pas attendu longtemps. Douze jours après la fin de l’aventure et alors que les affiches de la 23e Coupe du monde de football n’avaient pas fini d’être constituées, elle a réuni son Comité exécutif (COMEX) qui a pris cette décision très attendue, mais pas forcément judicieuse ou du moins pas tout à fait complète.

Certes, depuis que les « Lions » se sont fait renverser par la Belgique (2 – 3) en seizièmes de finale, la plupart des Sénégalais ne voulaient plus voir le sélectionneur national en peinture ; encore moins le voir maintenu à la tête de l’équipe nationale. En engageant le processus de limogeage (pour appeler un chat un chat) du technicien Pape Thiaw, le COMEX semble donc répondre à ce que les politiciens appellent « une demande sociale ». Cependant, cela ressemble fort à une demi-mesure. Une sorte de fuite en avant. Une façon de se trouver un agneau du sacrifice, le dindon de la farce, un bouc émissaire pour se donner bonne conscience.

Car, les responsabilités du fiasco en Coupe du monde (3 défaites en 4 matches) sont largement partagées. Ce n’est d’ailleurs pas pour rien qu’un membre de ce COMEX avait demandé (avant de la retirer) la révocation du secrétaire général de la FSF, sur la base de ce qu’il a appelé « les insuffisances dans la préparation, une organisation défaillante, des problèmes de coordination, des interrogations sur certains choix logistiques et organisationnels ». Toutes choses plus d’autres encore « qui ont alimenté un climat qui n’était pas favorable à la sérénité de notre équipe ». Autant de griefs qui n’ont rien à voir avec le technicien, autant de secteurs sur lesquels ce dernier n’avait aucune prise.

Dès lors, vouloir lui faire porter le chapeau tout seul serait tout sauf fair-play. Il est vrai que les choix stratégiques sur le terrain et des hommes lui reviennent ; ce qui en fait un responsable. Mais un parmi tant d’autres qui en amont ont failli et qui, alors que ça tourne au vinaigre, se terrent. Prompts à grossir des délégations où ils ne sont pas spécialement utiles et à empocher sans ciller des primes en cas de victoire, les voici qui se réfugient derrière un paravent qui ne tient absolument pas la route.

« Après une évaluation approfondie » ? Une évaluation express, en fast-track, bâclée et incomplète oui ! Comme si cela suffisait à calmer la clameur. Le mal est bien plus profond et ce n’est pas un cautère sur une jambe de bois qui y viendra à bout. C’est d’un remède de cheval que les « Lions » ont besoin pour retrouver leur allant.

PROMEDIA

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