Mody Niang : le Sénégal perd une conscience citoyenne

Par Mamadou Sèye

Un grand patriote nous a quittés. Avec la disparition de Mody Niang, le Sénégal perd une voix qui aura consacré une part importante de son existence à la défense de la bonne gouvernance, de la transparence et de la responsabilité dans la gestion des affaires publiques.

Inspecteur de l’éducation à la retraite, essayiste et chroniqueur, Mody Niang n’était pas de ceux qui considèrent les affaires publiques comme un domaine réservé aux seuls gouvernants. Il estimait, par ses écrits et ses prises de position, que la gestion du pays engageait la responsabilité de tous et que les citoyens avaient le droit, mais aussi le devoir, de demander des comptes à ceux qui exercent le pouvoir.

Nous avons eu l’honneur de partager avec lui un plateau de télévision. Au-delà des positions que chacun pouvait défendre dans le débat public, rencontrer un homme animé par de fortes convictions citoyennes était une expérience qui rappelait l’importance de la confrontation des idées dans une démocratie. Le débat contradictoire, lorsqu’il est porté par la conviction et le souci de l’intérêt général, contribue à faire vivre la conscience citoyenne.

Mody Niang avait fait de la gouvernance et de l’éthique publique des thèmes majeurs de son engagement. Ses interventions ne laissaient pas indifférent. Ses positions pouvaient susciter des adhésions comme des désaccords, mais elles participaient à un débat essentiel : celui de la responsabilité des dirigeants et de l’exigence de transparence dans l’utilisation des ressources publiques.

Son passage à la présidence du conseil d’administration du quotidien national Le Soleil, en 2024, avait également prolongé son parcours dans l’espace public. Il avait toutefois quitté cette fonction en mars 2025 pour des raisons de santé.

Aujourd’hui, au moment où la mort nous rappelle la fragilité de toute existence, il importe de saluer l’homme, son engagement et la trace qu’il laisse dans notre viwddde citoyenne.

Le patriotisme ne se mesure pas seulement aux fonctions occupées, aux honneurs reçus ou aux discours prononcés. Il se mesure aussi à la constance avec laquelle un homme choisit de s’intéresser au destin de son pays et de prendre la parole sur les questions qui engagent son avenir. C’est à cette aune que nous voulons retenir Mody Niang.

A sa famille, à ses proches et à tous ceux qui partageaient ses combats citoyens, nous adressons nos condoléances les plus attristées.

Qu’Allah, dans Son infinie miséricorde, lui pardonne ses péchés, accueille son âme au Paradis Firdaws et accorde à sa famille la force et la patience nécessaires pour surmonter cette douloureuse épreuve.

Adieu, Mody Niang. Que ton engagement pour le Sénégal demeure dans les mémoires.

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