Par Mamadou Sèye
Du palais présidentiel à la case du village, il est des urgences qui ne respectent ni les titres, ni les grades, ni les ambitions. La diarrhée est de celles-là.
Il est des sujets dont on parle à voix basse, mais que tout le monde connaît. La diarrhée en fait partie. Chacun a son histoire, son mauvais souvenir et, surtout, sa recette miracle. Dans les familles, les anecdotes circulent de génération en génération. Il y a toujours un oncle qui connaît une racine exceptionnelle, une grand-mère qui jure par sa décoction et un voisin qui vous recommande un médicament dont il a oublié jusqu’au nom !
Mais quand le ventre commence à faire des siennes, les grandes théories disparaissent. Le courageux devient stratège, le bavard devient silencieux et le plus pressé de nos compatriotes découvre soudain les vertus de la proximité des toilettes. Quant aux déplacements, ils deviennent une affaire sérieuse de planification nationale ! Rires.
Premier conseil : ne pas prendre son ventre pour un laboratoire expérimental. La diarrhée peut être provoquée par une infection, de l’eau contaminée, un aliment souillé, certains médicaments ou diverses maladies digestives. Il faut donc éviter de conclure systématiquement que le dernier repas est coupable, même si le thiéboudiène de la veille figure parmi les suspects habituels !
Deuxième conseil : boire, boire et encore boire. Le véritable danger de la diarrhée, c’est la déshydratation. Le corps perd de l’eau et des sels minéraux. Les solutions de réhydratation orale, vendues en pharmacie, permettent de compenser ces pertes. Il faut les préparer exactement selon les indications du sachet. À défaut, boire régulièrement de l’eau potable, par petites quantités si nécessaire, est important en attendant de se procurer une solution adaptée.
Troisième conseil : ne pas croire tous les guérisseurs du quartier. Le citron, les décoctions, les boissons diverses et les recettes transmises par un cousin ne sont pas tous des traitements efficaces. Les antibiotiques ne sont pas systématiquement nécessaires, et les médicaments destinés à bloquer la diarrhée ne conviennent pas à toutes les situations. En cas de fièvre ou de sang dans les selles, il faut notamment demander un avis médical plutôt que chercher à tout prix à arrêter le transit.
Et que mange-t-on pendant ce mauvais épisode ? Inutile de se condamner au jeûne. On peut continuer à s’alimenter selon sa tolérance, en privilégiant des aliments simples et bien préparés. Il est préférable d’éviter provisoirement les repas très gras, les plats particulièrement épicés et les boissons très sucrées.
Mais attention : tout le monde ne peut pas se contenter d’attendre que cela passe. Du sang dans les selles, une forte douleur abdominale, une fièvre importante, des vomissements empêchant de boire, des urines très rares, des vertiges marqués ou une faiblesse inhabituelle doivent alerter. Une consultation rapide s’impose. Les nourrissons, les personnes âgées et les personnes fragiles sont particulièrement exposés aux complications.
Enfin, il y a une prévention toute simple, mais trop souvent négligée : se laver les mains au savon, boire de l’eau potable, laver correctement les aliments et veiller à la propreté des ustensiles et des lieux de préparation des repas. La meilleure bataille contre la diarrhée reste celle qu’on évite d’avoir à mener.
Au fond, la diarrhée nous enseigne une petite leçon d’humilité. Nous pouvons discuter pendant des heures de politique, de philosophie, de football ou de la marche du monde. Mais quand le ventre décide de convoquer une réunion extraordinaire, il ne demande l’autorisation à personne !
Alors, chers lecteurs, une question pour terminer notre dimanche dans la bonne humeur : quelle est la recette de grand-mère que vous avez héritée contre la diarrhée, et surtout, avez-vous vérifié qu’elle fonctionne vraiment ?
Rires ! Bon dimanche à tous, et surtout, prenez soin de votre ventre !