Par Mamadou Sèye
Il y a des jours où sortir de chez soi avec une seule ambition — respirer normalement — relève presque de l’exploit.
En ces temps de canicule, dans les bus, les boutiques, les marchés, les administrations ou les salles d’attente, une nouvelle forme de nuisance semble avoir pris ses quartiers : l’agression olfactive.
La chaleur monte, les corps transpirent et les odeurs semblent, elles aussi, vouloir participer à la vie publique.
Dans un bus bondé, par exemple, on choisit éventuellement son siège, mais rarement l’atmosphère qui l’accompagne. Et c’est là que commence parfois l’aventure.
Il y a l’odeur corporelle, bien sûr. Celle qui rappelle simplement que l’être humain est un mammifère et que la transpiration n’a jamais demandé de visa pour circuler.
Mais il y a aussi le parfum.
Ah, le parfum !
Certains semblent avoir adopté une théorie très personnelle de la parfumerie : si une goutte suffit, dix doivent être excellentes.
Erreur ! Un parfum discret vous précède agréablement. Un parfum surdosé vous précède, vous accompagne et semble poursuivre son chemin longtemps après votre départ.
Le déodorant n’est pas en reste. Bonne intention, certes. Mais certains semblent confondre déodorant et insecticide : une pulvérisation, deux, trois… A ce stade, les moustiques ont quitté le quartier, mais les passagers du bus aimeraient en faire autant.
Le plus redoutable reste le mélange : chaleur + transpiration + parfum généreux + déodorant puissant + espace fermé.
Nous ne sommes plus dans le domaine de la simple odeur. Nous sommes dans la chimie appliquée !
Mais rions-en avec bienveillance, car personne n’est totalement à l’abri. La canicule nous rappelle à tous que notre corps a ses petites faiblesses.
Alors, un peu de fraîcheur pour soi, un peu de discrétion pour les autres. Se laver, se rafraîchir, changer de vêtements : excellent. Déodorant et parfum : pourquoi pas, mais avec mesure.
Parce que nous avons tous droit à notre espace personnel.
Mais notre nez, lui, n’a malheureusement pas de frontières.
Et souvenons-nous surtout d’une chose :
le parfum doit annoncer votre présence, pas provoquer votre évacuation !