Par Mamadou Sèye
Le passage d’Ousmane Sonko devant les députés aujourd’hui aura dissipé un à un les écrans de fumée laborieusement installés par ceux qui espéraient le voir s’emmêler les pieds. Le Premier ministre a choisi d’être frontal, précis et méthodique. Il a exposé la réalité, dévoilé les manipulations, restauré la cohérence institutionnelle, tout en réaffirmant son alignement total avec le Président Bassirou Diomaye Faye. Sur la Guinée-Bissau, Sonko a rappelé avec une netteté sèche que la politique étrangère relève exclusivement des prérogatives du Président de la République, comme pour fermer la porte à ceux qui tentaient d’attribuer au Premier ministre une diplomatie parallèle. Mais il a tout de même relevé que ce qui se déroule chez le voisin est un complot, un enchaînement d’actions concertées, pensé, et qui dépasse largement les péripéties internes de Bissau. Le Sénégal observe, analyse, mais ne se laisse pas manipuler par les récits improvisés de ceux qui cherchent à orienter la lecture des événements.
Abordant la période post-8 Novembre, Sonko a lâché ce qui restera sans doute comme l’un des marqueurs politiques les plus tranchants : « les choses sont maintenant claires dans ce pays ». Cette phrase n’est pas anodine. Elle signifie que les stratégies de sabotage, les offensives de désinformation, les tentatives de faire basculer le pays dans une zone d’incertitude ont été identifiées et neutralisées. Le Sénégal a traversé un moment de brouillard, mais pour Sonko, le voile s’est levé et plus personne ne peut feindre l’ambiguïté. Les acteurs qui, jusque-là, se masquaient derrière des discours confusés ont dû sortir du bois. L’Etat avance désormais sur un terrain nettoyé des illusions entretenues volontairement par certains.
L’un des moments les plus attendus concernait son déplacement aux Emirats arabes unis, devenu un sujet de polémique stérile alimentée par ceux qui espéraient une faille. Sonko a choisi, là aussi, la simplicité et l’exactitude. Il a expliqué qu’il s’y était rendu pour un complément de dossier dans le cadre de négociations économiques majeures, en compagnie du ministre des Finances. Il a insisté sur l’importance de ce travail pour rapporter énormément au Sénégal dans un contexte économique difficile, allant jusqu’à demander des prières pour que ces démarches aboutissent dans l’intérêt du pays. Il n’a pas dit un mot sur le jet, ni sur son coût, ni sur les aspects logistiques du déplacement. La raison est simple : ce n’est pas son rôle et ce n’était pas le sujet.
Si les détracteurs ont subitement cessé d’agiter la polémique du jet, c’est parce que la mise au point est venue de l’ambassade des Emirats arabes unis elle-même. Ce sont les Emirats qui ont clarifié publiquement que l’aéronef avait été affrété par leurs soins, dans le cadre d’un protocole diplomatique normal, sans que le Sénégal n’ait à payer quoi que ce soit. Cette déclaration officielle a coupé les jambes à ceux qui avaient alimenté la rumeur. Le silence embarrassé qui a suivi est la preuve que la polémique reposait sur du vent. Sonko, lui, est resté fidèle à sa méthode : expliquer l’essentiel, ignorer les artifices, avancer.
Le Premier ministre a également tenu à rappeler qu’il travaille pour le Sénégal, mais sous la direction du Président Bassirou Diomaye Faye. Une phrase d’apparence simple, mais qui intervient dans un contexte où certains, à l’intérieur comme à l’extérieur du pays, tentaient d’installer l’idée d’une dyarchie conflictuelle. Sonko a dissipé le malentendu avec calme : l’Etat fonctionne normalement, avec un Président qui décide, un Premier ministre qui agit, et une cohésion impeccable au sommet. Cette clarification met fin aux spéculations, ferme la porte aux fantasmes et rétablit l’ordre institutionnel.
Un autre moment fort a été son hommage au professionnalisme exemplaire des Forces armées et de toutes les forces de défense et de sécurité. Dans une région fragilisée par les coups d’Etat, les armées divisées, les influences étrangères et les ambitions personnelles, Sonko a rappelé que le Sénégal reste une exception : une armée républicaine, disciplinée, loyale, non politisée, pivot essentiel de la stabilité nationale. Ce n’était pas un compliment protocolaire. C’était une ligne politique. Une manière de dire que, malgré les turbulences régionales, le Sénégal dispose d’un socle solide, d’une force publique respectée, qui ne se laisse ni instrumentaliser ni dévier de sa mission.
En filigrane de toutes ses interventions, Sonko a confirmé une réalité que beaucoup pressentaient mais que certains refusaient d’admettre : il maîtrise ses dossiers avec une précision méthodique. Sur la Guinée-Bissau, sa lecture est géopolitique et stratégique. Sur le post-8 Novembre, sa parole est politique et structurante. Sur les Emirats, son explication est pragmatique et rigoureuse. Sur l’architecture institutionnelle, il renforce l’unité exécutive. Sur les forces de défense, il inscrit la stabilité nationale au cœur du projet gouvernemental. Cette séance a révélé un Premier ministre à la fois serein et déterminé, capable de dissiper les polémiques sans s’y abaisser, de recadrer sans s’emporter, d’expliquer sans se justifier, d’avancer sans vaciller. Il impose la vérité des faits face au bruit des rumeurs, la rigueur de l’Etat face aux improvisations politiciennes, la cohérence gouvernementale face aux fantasmes entretenus. Sa prestation a laissé une impression de maîtrise totale, de solidité intellectuelle et de sens aigu des priorités nationales.