Interdire les cartes de membres de PASTEF : une méthode d’un autre âge

Par Mamadou Sèye

Les interdictions qui se multiplient çà et là contre la vente des cartes de membres de PASTEF au motif de « troubles à l’ordre public » interrogent profondément sur la conception que certains responsables administratifs se font encore de leur mission.

Une chose est claire : l’administration n’a pas vocation à être un instrument au service d’une chapelle politique, quelle qu’elle soit. Elle doit protéger l’ordre public, garantir l’égalité des citoyens devant la loi et permettre l’exercice normal des libertés publiques, notamment la liberté d’association et d’organisation politique.

Empêcher un parti légalement constitué de mener une opération d’adhésion auprès de ses militants ou sympathisants apparaît non seulement disproportionné, mais également contre-productif. Loin d’affaiblir une formation politique, ce type de décision peut au contraire renforcer le sentiment d’injustice et nourrir les frustrations.

Les autorités administratives qui prennent de telles mesures, dans le seul souci de satisfaire ce qu’elles pensent être les attentes du pouvoir du moment, prennent le risque de se ridiculiser et de donner l’image d’une administration nostalgique de pratiques révolues.

Dans une démocratie mature, l’Etat ne doit pas craindre les partis politiques. Il doit simplement veiller à ce que tous respectent la loi. La compétition politique se gagne par les idées, la confiance et l’adhésion des citoyens, pas par des interdictions administratives.

Il est donc temps que ces pratiques cessent. L’administration sénégalaise mérite mieux que d’être soupçonnée d’agir par calcul politique. Elle doit rester ce qu’elle est censée être : une institution au service de la République, et non des intérêts partisans.

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