Coalition “Diomaye Président” : mission accomplie, disparition nécessaire

Par Mamadou Sèye

Une coalition n’est pas une confrérie éternelle. C’est une alliance tactique, forgée pour atteindre un objectif précis. En mars 2024, cet objectif a été atteint avec éclat : Bassirou Diomaye Faye a été élu Président de la République dès le premier tour. Dès lors, à quoi bon entretenir artificiellement une structure qui a déjà rempli sa mission ?

La science politique est claire : les coalitions de circonstance sont par essence éphémères. Elles naissent de la nécessité, vivent dans la tension de la conquête et meurent dans la victoire. Les exemples abondent. En France, la coalition de gauche “Union de la gauche” qui porta François Mitterrand au pouvoir en 1981 vola en éclats dès que les divergences internes resurgirent. En Italie, les coalitions qui accouchèrent des gouvernements Prodi ou Berlusconi se disloquèrent une fois l’échéance électorale passée. Même en Afrique, l’exemple de la coalition “Bennoo Siggil Sénégal”, qui porta Abdoulaye Wade en 2000, ou celui de la coalition “Bennoo Bokk Yaakaar” avec Macky Sall en 2012, montrent que ces regroupements se fissurent toujours une fois le pouvoir conquis. C’est une loi quasi naturelle : ce qui unit avant une bataille divise après le triomphe, car les intérêts redeviennent divergents.

La coalition “Diomaye Président” n’échappe pas à cette règle. Elle a été conçue comme un outil électoral. Elle a joué son rôle. Le Président et son parti, le PASTEF, disposent désormais d’une majorité écrasante à l’Assemblée nationale, d’une légitimité populaire incontestée et d’un mandat clair pour gouverner. Maintenir la coalition en vie n’apporte rien au peuple sénégalais. Cela sert seulement certains alliés frustrés, qui craignent de redevenir invisibles dans un paysage désormais dominé par le parti présidentiel.

Politiquement, continuer à agiter la coalition est une diversion. Les Sénégalais n’attendent pas des querelles internes sur des postes ou des statuts. Ils veulent du concret : une baisse du coût de la vie, des emplois pour la jeunesse, une gouvernance sobre et vertueuse, une souveraineté économique réelle. En ce sens, la coalition est devenue un fardeau inutile, un instrument qui n’a plus de raison d’être.

Et les événements récents l’illustrent parfaitement : des alliés claquent la porte, dénoncent une gestion centralisée et créent leurs propres plateformes. Voilà le signe le plus évident que la coalition n’est plus un moteur d’unité, mais une source de division. Plutôt que de s’acharner à la maintenir, mieux vaut la laisser mourir dignement, comme on range un outil après usage.

La conclusion est implacable : la coalition “Diomaye Président” doit disparaître. Non pas comme un échec, mais comme une mission accomplie. Elle a porté un homme au sommet de l’Etat. Elle n’a plus de guerre à mener. Qu’elle repose donc en paix jusqu’à ce que Bassirou Diomaye Faye, s’il le décide, annonce une nouvelle candidature. Alors, peut-être, une coalition renaîtra, adaptée aux enjeux de demain.

En attendant, que chacun retourne à ses bases, restructure ses forces et prépare l’avenir. Le Sénégal n’a pas besoin d’une coalition fantôme : il a besoin d’action, de résultats, de ruptures concrètes.

Mission accomplie. Disparition nécessaire. Repose en paix, coalition. Rendez-vous en 2029.

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