Les « Lions » face à l’équation du pays organisateur
Rabat (Maroc) – Une deuxième étoile à aller chercher dans le ciel de Rabat, ce dimanche 18 janvier 2026 ! L’équipe nationale de football du Sénégal, couronnée en 2022 au Cameroun, tentera de renouer avec le trophée continental face au Maroc, en finale de la 35e Coupe d’Afrique des Nations de football. A partir de 19 heures au stade Prince Moulay Abdellah de Rabat, les « Lions » auront un défi colossal à relever : priver le pays organisateur du titre derrière lequel il court depuis 50 ans et son seul sacre en1976 en Ethiopie.
Rien que pour cela, la tâche s’annonce complexe puisque le Royaume chérifien a déployé un trésor de moyens et d’ingéniosité pour bien organiser cette compétition. Et tient particulièrement à mettre la cérise sur le gâteau en s’imposant, pour se consoler de son échec à remporter le titre en 1988 lorsqu’il avait accueilli la CAN pour la première fois.
En plus, et pour ne pas arranger les choses, le Sénégal n’a que très rarement battu l’équipe du pays organisateur d’une CAN. Ce n’est arrivé qu’une seule fois, en 1986 lorsque pour son retour en phase finale après 18 ans d’absence, il avait surpris l’Egypte lors du match d’ouverture. Depuis, c’est la disette ! En 1990 en Algérie, le rêve s’était arrêté en demi-finales face à l’équipe locale (1 – 2). Dix ans plus tard, au Nigeria, ce sont les « Super Eagles » qui avaient privé le Sénégal de demi-finales (1 – 2 après prolongations). En 2004, la Tunisie chez elle sortait le Sénégal au même stade des quarts de finale (0 – 1). En 2006, les « Lions » butaient sur l’Egypte chez elle en demi-finale (1 – 2). Même la Guinée équatoriale, lors de « sa » CAN en 2012, avait précipité la chute du Sénégal dès la phase ce groupe (1 – 2) avant que, dernière élimination en date contre le pays organisateur, la Côte d’Ivoire sur ses terres n’ouvre la succession des « Lions » en huitième de finale de la précédente CAN (1 – 1 et 4 tirs au but à 5).
Ce dimanche donc, les hommes du coach Pape Thiaw ont l’obligation de résoudre l’équation du pays organisateur, de vaincre la malédiction contre les hôtes de la compétition, s’ils veulent renouer avec le titre. L’adversaire, fidèle au principe du « host to win », n’a pas accepté d’abriter cette CAN juste pour démontrer qu’il savait organiser. Mais surtout pour remporter le titre et, accessoirement, préparer la Coupe du monde de football qu’il accueillera en 2030 avec l’Espagne et le Portugal.
Les « Lions » devront donc montrer leur meilleur visage pour s’imposer. Faire encore plus que contre l’Egypte qu’ils avaient dominée, neutralisée et battue en demi-finales. Malgré les suspensions du défenseur central et capitaine Kalidou Koulibaly et de Habib Diarra, les Sénégalais ont promis par la voix de Moussa Niakhaté que « cette coupe, nous allons la ramener au Sénégal ». Son coach Pape Thiaw est moins catégorique, d’autant que, selon lui, « le Maroc est favori de cette finale », puisqu’évoluant à domicile. Mais, après avoir sorti l’Egypte et ses 7 titres continentaux, « la meilleure équipe africaine », il ne doute point que ses joueurs seront à la hauteur du challenge.
Correspondance particulière de Hasaan Bengelloun