Ne pas alterner les pics et les creux…
Et vogue le Drakkar : à gros coups de rames vers les huitièmes de finale de la 23e Coupe du monde de football ! Après les champions d’Afrique en titre lors des matches de poules, leurs prédécesseurs au palmarès continental du ballon rond ont subi la loi des Norvégiens en seizièmes de finale. Si les Sénégalais ont pu, par la suite, se relancer et passer in extremis au second tour, les Ivoiriens ont fait leurs adieux à la compétition dans ce match à élimination directe disputé à Dallas et « son univers impitoyable », comme chanté dans le générique de la célèbre série télévisée éponyme du siècle dernier.
Continue ainsi de voguer le Drakkar et sa nouvelle figure de proue, Erling Haaland, monstre froid de réalisme et d’efficacité, véritable tueur au sourire d’ange, comme son pays en a déjà produit un dans les années 1990, surnommé « Baby-Face Killer », tant sous son apparence débonnaire d’éternel adolescent, Ole Gunnar Solskjaer cachait une redoutable aptitude à faire trembler les filets adverses, surtout avec son club anglais de Manchester United.
Impitoyable donc, comme l’est d’ailleurs cette Coupe du monde depuis dimanche dernier et le début de la « knock-out phase ». Les représentants africains commencent à en faire l’amère expérience. Deux des trois qui sont jusqu’ici descendus sur les pelouses américaines (au sens large) parmi les neuf sur dix qui avaient franchi le premier tour sont déjà hors course : l’Afrique du Sud, sortie par le Canada, et la Côte d’Ivoire, éliminée par la Norvège. Quelque part, on avait raison de ne pas trop s’enflammer après les matches de groupes. Certes, avec 90 % d’admis à l’étape suivante, il y avait de quoi être fier. D’autant que c’était le meilleur pourcentage, toutes zones géographiques confondues. L’Amérique latine (5 qualifiés sur 6) affichait un ratio de 83,33 %, l’Europe avec 13 sur 16 avait un taux de réussite de 81,25 %, l’Amérique du Nord avec 3 sur 5 atteignait 60 %, l’Asie et son 1 sur 8 ne pouvait exhiber que 12,5 % de succès, et l’Océanie, avec 1 sur 3, représentait 33,33 %.
Malheureusement, la liste promet de s’allonger ces jours-ci vu les adversaires qui se dressent sur le chemin des Africains. Prochain à descendre dans l’arène, le Sénégal, ce mercredi à 19 heures à Seattle contre la Belgique. A priori, un vis-à-vis à portée des « Lions ». À condition que ceux-ci soient à leur vrai niveau. Ce qui n’a jusqu’ici été le cas que par intermittence. Or, là, il faut être au top tout le temps, ne pas alterner les pics et les creux. Ceux qui font carrière dans les grandes compétitions le savent. On vous renvoyait dernièrement à l’exemple de résilience de la Côte d’Ivoire lors de « sa » CAN 2023, dont elle avait bouclé la première phase complètement moribonde avant de ressusciter pour décrocher le titre. Aujourd’hui, on vous cite le cas du… Maroc, littéralement transcendé par cette Coupe du monde et qui nous offre à chaque sortie une prestation de haut vol. Les « Lions » peuvent en faire au moins autant. Ils ont l’effectif qu’il faut et, puisque leur coach semble avoir retrouvé ses sens et ses sensations, on ose espérer que, comme leurs cousins de l’Atlas, ils nous livreront ce mercredi une copie digne de leur rang. Puisque les champions d’Afrique, ce sont bien eux…
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