Pénalty, la chronique Coupe du monde

Gagner ou gagner…

Avant Norvège – Sénégal, on disait ici même que les « Lions » n’avaient pas d’autre choix que de gagner pour se relancer. C’est raté : ils s’étaient inclinés (2-3). Au moment de croiser l’Irak, ce vendredi soir à Toronto (Canada), l’urgence est toujours là, sauf que c’est plus radical. La sanction, s’ils se loupent, sera le retour à la maison. Un retour prématuré pour les champions d’Afrique qui serait synonyme de gâchis. Car, objectivement, tout nationalisme et tout chauvinisme mis de côté, le Sénégal a tout ce qu’il faut pour passer au second tour, même si son groupe I de cette 23e Coupe du monde passe pour un des plus relevés.

Or, à un match de la fin des rencontres de poules, on en est réduit à faire des calculs d’apothicaires. Si ceci, si cela… Pourtant, les choses sont simples : face aux « Lions de la Mésopotamie », les nôtres doivent gagner. Tout simplement. Et le plus largement possible. Comme dans tout match. Surtout en Coupe du monde. Ce n’est cependant pas en jouant comme ils l’ont fait jusqu’ici qu’ils y parviendront. Ce ne sera pas non plus avec le même dispositif — comme si la France et la Norvège avaient les mêmes similitudes dans le jeu — encore moins avec les mêmes hommes.

D’ailleurs, le Sénégal est l’un des rares pays (le seul ?) de ce Mondial à avoir aligné le même onze de départ lors de ses deux premiers matches. Même ceux qui avaient remporté leur première rencontre avaient modifié leur équipe de départ. À plus forte raison celles qui avaient perdu. Pape Thiaw, le coach sénégalais, espérait-il qu’en alignant d’entrée les mêmes hommes contre la Norvège, ceux-ci lui sortiraient un match de la même tenue que lors de… la première mi-temps face à la France ? Lui qui, lors de la dernière CAN au Maroc, avait lancé six équipes de départ différentes en sept matches, alors que tout semblait baigner…

Difficile de comprendre cette soudaine frilosité chez un coach qui avait séduit par son audace et son flair. D’autant plus qu’en six mois, si ce sont les mêmes hommes, ce n’est absolument plus la même forme. Quelques-uns, et pas des moindres, qui étaient alors en pleine bourre avec leur club et, conséquemment, sous le maillot national, ont perdu de leur superbe. Blessures, méforme, absence de temps de jeu : autant de facteurs qui ont considérablement changé la donne. Si bien qu’attendre de l’actuelle équipe des performances et des prestations du même tonneau que celles de décembre et janvier derniers est presque illusoire. À moins que le coach n’opère des choix forts, voire une véritable révolution, au moment de concocter son onze de départ. Il doit faire sienne la morale d’une célèbre fable, comme quoi « rien ne sert de courir (derrière le score ainsi que son équipe l’a fait lors de ses deux précédents matches), il faut partir à point ». Et rien de mieux, pour cela, que de s’en donner les moyens d’emblée, afin qu’à l’arrivée l’infime chance de passer dans la cohorte des meilleurs troisièmes soit exploitée au mieux.

PROMEDIA

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