Dakar,tombeau de Dias, triomphe de Sonko

Par Mamadou Sèye

Barthélémy Dias rêvait de s’imposer comme l’autre visage fort de l’opposition dakaroise, le rival interne capable de tenir tête à Ousmane Sonko. Mais les urnes viennent de transformer ce rêve en cauchemar. L’élection d’Abass Fall, poulain assumé du Preésident de PASTEF, sonne comme un enterrement de première classe pour Barthélémy Dias. Dakar a parlé, et elle a choisi son camp.

Ce revers est plus qu’une défaite électorale. Il marque la fin d’un cycle. Dias a longtemps incarné l’audace, la contestation, la révolte face à l’ordre établi. Mais il s’est enfermé dans une posture qui a fini par le dépasser. En défiant Sonko, il avait ouvert une brèche qui s’est retournée contre lui. Les électeurs dakarois, jadis séduits par sa fougue, l’ont abandonné au moment décisif. Sa parole, autrefois percutante, n’a plus trouvé d’écho. Son étoile s’est éteinte, au moment précis où celle de Sonko s’impose avec éclat.

Car en vérité, ce n’est pas Abass Fall qui a gagné. C’est Sonko. Le nouveau maire de Dakar n’est que le prolongement de l’ascension irrésistible du président de PASTEF. En plaçant son fidèle dans le fauteuil le plus convoité de la capitale, Sonko verrouille le terrain. Dakar, baromètre politique par excellence, lui appartient désormais. Et ce qui devait être une bataille locale s’est transformé en sacre national.

La victoire d’Abass Fall est une victoire par procuration, mais d’une portée considérable. Elle confirme que Sonko n’est plus seulement un chef de gouvernament installé à la Primature,il est aussi le maître du terrain, l’homme qui dicte le tempo politique jusque dans les artères de Dakar. Là où ses adversaires espéraient un affaiblissement, il apparaît plus puissant que jamais. Dakar lui offre ce que tous les Présidents ont toujours recherché : un ancrage incontestable dans le cœur symbolique du pays.

Face à cette démonstration de force, Barthélémy Dias ne peut qu’assister à sa propre marginalisation. Dakar ne lui pardonne pas d’avoir cru que sa légitimité historique suffisait. Elle lui a tourné le dos avec la brutalité qui la caractérise, consacrant l’un et rejetant l’autre sans ménagement. Ce qui devait être pour lui un tremplin vers une stature nationale s’achève en descente politique. Le duel larvé avec Sonko est définitivement clos, et le verdict est sans appel.

Ce scrutin restera comme une date. Non pas pour l’accession d’Abass Fall au fauteuil de maire, mais pour le signal implacable envoyé à la classe politique : Dakar a choisi Sonko et, ce faisant, a scellé le sort de Barthélémy Dias. L’histoire retiendra ce moment comme un triomphe pour l’un et comme l’enterrement d’un destin contrarié pour l’autre.


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