Ministres et DAGES : complices ou innocents ?

Par Mamadou Sèye

A chaque scandale financier, le scénario est toujours le même. On pointe du doigt le DAGE, ce Directeur de l’Administration Générale et de l’Equipement qui tient la plume, signe les pièces, exécute les ordres. Et l’on tente de sauver l’image du ministre, présenté comme un ignorant, presque une victime de son propre collaborateur. Mais posons la question qui dérange : comment un DAGE peut-il détourner des milliards sans la couverture politique de son ministre ?

Le DAGE n’est pas un électron libre. Il est l’auxiliaire technique, mais le ministre est l’ordonnateur suprême. Les décisions majeures passent toujours par un double feu vert. L’un ne bouge pas sans l’autre. Pourtant, au premier coup de vent, le ministre s’abrite derrière le fonctionnaire, et le fonctionnaire s’abrite derrière “les instructions venues d’en haut”. C’est là le cœur de la prédation : un jeu de cache-cache institutionnalisé. Devant le peuple, on parle de bonne gouvernance, de rigueur, de transparence. Mais dans les bureaux, on signe, on paraphe, on valide les surfacturations et les contrats arrangés. Et quand les caisses sont vidées, on invente des fusibles.

Il faut que cela soit dit avec force : ministre et DAGE sont complices objectifs. Ils gèrent ensemble, profitent ensemble, et doivent donc rendre des comptes ensemble. Toute tentative de séparer leurs responsabilités est une insulte à l’intelligence collective et à la vérité. Frantz Fanon avait prévenu : une bourgeoisie nationale abandonnée à elle-même devient vite une classe prédatrice, vivant du pillage des caisses publiques. Marx, lui, rappelait que l’histoire n’est qu’une lutte des classes. Ici, la lutte est limpide : le peuple contre une élite prédatrice qui se partage les fonds publics.

Camarades, il faut en finir avec l’hypocrisie. Si les milliards disparaissent, c’est parce qu’il y a complicité politique et administrative. La justice doit convoquer les deux, juger les deux, sanctionner les deux. Ministre et DAGE : une gestion conjointe, une responsabilité solidaire. Le peuple n’acceptera plus de boucs émissaires. Il exige la vérité, toute la vérité, et des comptes.

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