Par Mamadou Sèye
Haro sur les PP, les politiciens professionnels. Ceux qui n’ont ni véritable base populaire, ni projet de conquête du pouvoir, ni ambition de convaincre les citoyens. Leur unique talent consiste à graviter autour des différents Princes appelés à gouverner le pays, dans l’espoir d’obtenir un portefeuille, un poste ou un simple strapontin.
A leurs côtés prospère une autre catégorie : quelques singletons de la société civile qui ont signé un bail à durée indéterminée avec Facebook, persuadés que les mentions « J’aime » et les partages tiennent lieu de légitimité populaire. Ils confondent visibilité numérique et enracinement citoyen.
Mais le temps change. Les réseaux sociaux ont certes offert à chacun une tribune, mais ils ont aussi rendu les citoyens plus vigilants. Les parcours se scrutent, les incohérences se repèrent, les revirements se paient au prix fort. Il devient de plus en plus difficile de survivre politiquement en ne vivant que de proximité avec le pouvoir.
Conscients que leur modèle s’essouffle, ces professionnels de la transhumance et de l’accommodement livrent aujourd’hui leur ultime bataille. Elle consiste moins à convaincre le peuple qu’à séduire le Prince, dans l’espoir d’un dernier recyclage politique.
Cette époque touche à sa fin. Car, désormais, le peuple observe, compare, juge et sanctionne. La politique ne pourra durablement se réduire à une quête de privilèges. Ceux qui veulent durer devront retrouver le chemin des citoyens. Les autres découvriront que l’histoire est souvent impitoyable avec ceux qui n’ont vécu que dans l’ombre des Princes.