Communication gouvernementale : pourquoi créer une polémique là où il n’y en avait pas ?

Par Mamadou Sèye

En communication publique, il existe une règle élémentaire : lorsqu’une confusion est dissipée, il est inutile de la ressusciter.

Dans le dossier du scanner destiné à l’Hôpital Maguette Lô de Linguère, une publication sur les réseaux sociaux avait attribué cet équipement à l’honorable El Malick Ndiaye. Très rapidement, l’intéressé a lui-même apporté les précisions nécessaires. Il n’a revendiqué ni un don personnel ni une quelconque réalisation. Au contraire, il a rappelé que le scanner avait été acquis grâce aux efforts du ministère de la Santé et de ses partenaires, allant même jusqu’à remercier publiquement le ministre de la Santé.

A partir de cet instant, le débat était clos. L’honneur de chacun était sauf. L’essentiel pouvait reprendre sa place : la mise à disposition d’un équipement de santé attendu par les populations.

Dès lors, on est en droit de s’interroger : pourquoi publier un communiqué officiel pour répondre à une polémique qui avait déjà trouvé sa conclusion ? Pourquoi donner le sentiment de raviver un débat que le principal concerné avait lui-même contribué à éteindre ?

Le ministère de la Santé fait aujourd’hui face à des défis autrement plus importants. Les difficultés du système sanitaire, les tensions récurrentes avec les personnels de santé, les attentes des usagers et les controverses qui ont récemment secoué le secteur, notamment l’affaire Softcare, appellent des réponses fortes et des résultats tangibles.

Dans un tel contexte, la communication institutionnelle devrait d’abord servir à informer les citoyens sur les réformes engagées, les infrastructures livrées, les équipements acquis et les améliorations apportées à la prise en charge des patients. Elle ne devrait pas donner l’impression de s’attarder sur une controverse déjà clarifiée.

Nul ne conteste au ministère le droit de rétablir les faits lorsqu’ils sont déformés. Mais lorsque les faits ont déjà été reconnus et rectifiés, y compris par la personne à qui l’on prêtait à tort une réalisation, la meilleure communication consiste parfois à laisser parler les actes.

La communication n’est pas une réalisation. Les communiqués ne remplacent ni les scanners, ni les médicaments, ni les plateaux techniques, encore moins la sérénité dans les hôpitaux. A vouloir transformer chaque épisode en bataille politique, on finit par donner l’impression que l’essentiel n’est plus la santé des Sénégalais, mais la mise en scène de l’action publique. Un ministre est attendu sur ses résultats, pas sur sa capacité à prolonger des polémiques déjà éteintes.

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