Par Mamadou Sèye
En pleine Coupe d’Afrique des Nations, le football ne se joue pas seulement sur les pelouses. Il s’invite aussi dans les foyers, parfois avec de subtiles négociations conjugales. Certains messieurs expliquent ainsi à leurs épouses qu’ils préfèrent vivre l’ambiance des fan zones plutôt que de rester à la maison devant la télévision. Officiellement, c’est pour le foot, la ferveur populaire, l’émotion collective, la communion nationale. Un discours sérieux, presque citoyen.
Mais les bonnes dames, elles, connaissent la partition. Elles savent que dans une fan zone, il n’y a pas que le ballon qui circule. Il y a la musique avant le match, celle de la mi-temps, celle d’après-match, les cris de joie, les débats tactiques passionnés… et parfois des regards qui dribblent plus vite que les attaquants. Autant dire que la vigilance est de mise.
Bien sûr, il faut rendre justice aux amoureux sincères du football. Beaucoup y vont vraiment pour partager cette folie douce où des inconnus s’embrassent après un but, où l’on refait la composition de l’équipe nationale avec plus d’assurance que le sélectionneur, et où chaque action devient matière à expertise nationale.
Mais la CAN est aussi la saison des alibis bien huilés, des téléphones mis en silencieux, des retours à la maison un peu tardifs, expliqués par des prolongations, des penalties… ou une « ambiance exceptionnelle » difficile à quitter.
La fan zone reste pourtant un concentré du Sénégal : bruyante, joyeuse, chaleureuse et imprévisible.
Les hommes parlent football.
Les femmes surveillent le hors-jeu.
Et le pays, lui, continue de gagner — au moins en ambiance.