Par Mamadou Sèye
L’une des déclarations les plus importantes entendues lors du congrès de PASTEF n’est peut-être pas celle qui fera les plus gros titres.
Pourtant, elle touche au cœur même de notre démocratie.
L’idée est simple : les prochaines échéances électorales doivent être pleinement inclusives et le peuple sénégalais doit pouvoir choisir librement parmi toutes les offres politiques disponibles.
Au fond, pourquoi avoir peur du suffrage universel ?
Depuis plus d’une décennie, la vie politique sénégalaise est régulièrement perturbée par les débats sur les candidatures empêchées, les exclusions, les inéligibilités, les exils et les contentieux politiques. A chaque cycle électoral, une partie de l’énergie nationale est absorbée par la question de savoir qui pourra concourir et qui ne le pourra pas.
Cette situation n’est saine ni pour la démocratie ni pour la stabilité politique.
Une démocratie forte n’est pas celle qui sélectionne ses adversaires.
C’est celle qui les affronte devant le peuple.
Dans cette perspective, le retour au Sénégal de personnalités comme Macky Sall ou Karim Wade ne devrait pas être considéré comme un problème démocratique.
Bien au contraire.
S’ils souhaitent participer au débat national ou soumettre une offre politique aux citoyens, pourquoi le peuple sénégalais ne pourrait-il pas les écouter puis les départager dans les urnes ?
La souveraineté populaire ne consiste pas à choisir entre des candidats préalablement filtrés.
Elle consiste à permettre aux citoyens de décider eux-mêmes qui mérite leur confiance.
Le Sénégal a suffisamment de maturité politique pour organiser une compétition ouverte, transparente et apaisée.
L’époque où les batailles électorales se jouaient dans les tribunaux, les procédures administratives ou les exclusions devrait progressivement laisser place à une autre culture politique : celle de la confrontation des projets, des idées et des bilans.
Au fond, la question est simple.
Si l’on croit véritablement à la démocratie, pourquoi craindre le verdict du peuple ?
La prochaine élection présidentielle pourrait constituer une occasion historique de démontrer que le Sénégal est capable d’organiser la compétition politique la plus ouverte de son histoire.
Que chacun présente son projet.
Que chacun défende sa vision.
Que chacun sollicite la confiance des électeurs.
Et que le peuple souverain décide.
C’est peut-être cela, au fond, la plus belle victoire de la démocratie : lorsque personne n’a besoin d’éliminer son adversaire pour espérer gagner.