LE RETOUR DU PASTEF

Par Mamadou Sèye

Il y avait des congrès.

Et puis il y a des moments politiques qui ressemblent à des retrouvailles avec l’histoire.

Le premier congrès national de PASTEF appartient incontestablement à cette seconde catégorie.

Dès les premières heures de la matinée, l’Aréna de Diamniadio était prise d’assaut. Des milliers de militants avaient effectué le déplacement depuis toutes les régions du Sénégal. Très vite, l’enceinte s’est révélée insuffisante pour contenir la foule. Une fan zone a dû être aménagée à l’extérieur afin de permettre à ceux qui n’avaient pu accéder à la salle de suivre l’événement.

Mais les chiffres ne racontent qu’une partie de l’histoire.

Ce qui frappait surtout, c’était l’atmosphère.

Une atmosphère de fête.

Une atmosphère de retrouvailles.

Une atmosphère de victoire.

Dans les gradins, dans les travées, dans les couloirs, la jeunesse du parti donnait le ton. Chants, slogans, animations, drapeaux et ovations se succédaient dans une ambiance rappelant les grandes heures de la mobilisation militante qui ont marqué l’ascension de PASTEF.

Parmi les visages les plus applaudis figuraient également plusieurs ministres qui ont quitté le gouvernement ces dernières semaines. Leur présence enthousiaste était remarquée. Elle contribuait à renforcer l’impression générale d’un parti qui se retrouvait autour de son identité fondamentale après une période de profondes recompositions politiques.

Car c’est bien de cela qu’il s’agit.

Ce congrès intervenait dans un contexte particulier.

Quelques semaines auparavant, Ousmane Sonko quittait la Primature. Dans le même temps, le Président de la République poursuivait sa propre trajectoire politique à travers sa coalition et ses choix institutionnels.

Beaucoup d’observateurs avaient alors annoncé des turbulences.

Certains prédisaient un affaiblissement du parti.

D’autres imaginaient une démobilisation de sa base.

D’autres encore parlaient d’une dilution progressive de l’identité de PASTEF dans l’exercice du pouvoir.

Le congrès de Diamniadio a apporté sa propre réponse.

Une réponse par la mobilisation.

Une réponse par la ferveur.

Une réponse par la fidélité militante.

Réélu à l’unanimité pour un mandat de six ans à la tête du parti, Ousmane Sonko n’a pourtant pas choisi le registre de la confrontation.

Son discours s’est voulu politique, stratégique et idéologique.

Il a insisté sur la nécessité de la formation des militants, convaincu qu’aucune transformation durable ne peut s’appuyer uniquement sur l’enthousiasme populaire. Pour lui, le défi n’est plus seulement de gagner des élections. Il est désormais de former des citoyens et des cadres capables de porter durablement le projet.

Il a également rejeté l’idée d’une quelconque crise institutionnelle au Sénégal.

Selon lui, les institutions fonctionnent et chaque structure doit simplement jouer pleinement le rôle qui lui est assigné par la Constitution.

Le message était clair : la stabilité du pays passe par le respect mutuel des prérogatives de chacun et non par l’entretien artificiel de polémiques institutionnelles.

Sur les élections locales, sa position a été tout aussi nette.

Pas question de report.

Pas question de chercher des raccourcis.

Pas question non plus d’écarter des candidats par des procédés détournés.

Le peuple doit choisir librement ses représentants et la démocratie doit suivre son cours normal.

Mais au-delà de ces orientations, une phrase a particulièrement marqué les esprits.

Une phrase simple.

Une phrase forte.

Une phrase qui résume à elle seule l’état d’esprit du congrès.

« Le PASTEF que je ne trahirai jamais est de retour. »

A cet instant, toute l’Aréna a compris que le véritable sujet de ces assises n’était pas seulement l’organisation du parti.

C’était son identité.

Son âme.

Sa mémoire.

Son avenir.

Après la dissolution.

Après les arrestations.

Après les épreuves.

Après la conquête du pouvoir.

PASTEF voulait montrer qu’il restait fidèle à ce qui avait fait sa force.

Ce congrès n’a donc pas été celui de la revanche.

Il n’a pas davantage été celui de la rupture.

Il a été celui de la réaffirmation.

La réaffirmation d’une identité politique.

La réaffirmation d’un leadership.

La réaffirmation d’un projet.

Et surtout la réaffirmation d’un lien militant que les années de combat semblent avoir davantage renforcé qu’affaibli.

L’histoire dira ce que seront les prochaines étapes de la vie politique sénégalaise.

Mais une chose paraît déjà acquise.

Ce week-end de juin 2026 restera comme celui où PASTEF a voulu dire à ses militants, à ses adversaires et au pays tout entier :

Nous avons changé de statut. Nous avons changé de responsabilités. Mais nous n’avons pas changé de conviction.

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