Penalty, la Chronique Coupe du monde

Passation de pouvoir ?

L’Espagne a donc succédé, ce dimanche au MetLife Stadium de New York, à l’Argentine au terme d’une finale qu’elle a maîtrisée du début à la fin… des prolongations. Et sans un Emiliano Martinez en feu dans les buts de l’Albiceleste, l’affaire aurait pu être conclue au bout du temps réglementaire. Qu’importe, la « Roja » a de la ressource avec un jeu léché, des individualités de classe mondiale (Dani Olmo, Lamine Yamal, Pedri, etc.) et un coach, De la Fuente, qui a su faire déjouer ses adversaires les plus coriaces. À l’image de la France en demi-finale qui n’a pas vu le jour et de l’Argentine qui, malgré son génie Lionel Messi, n’a cadré un seul tir qu’à la 117e minute. Une véritable misère. Et a perdu en route un autre de ses as, Enzo Fernandez, pourtant traditionnel esthète, pour cumul de cartons jaunes. L’Argentine aussi indigente ! Il n’y avait, dans cette 23e Coupe du monde États-Unis – Canada – Mexique 2026, que l’Espagne pour réussir ce coup de maître.

Une Espagne qui est montée en puissance, qui sait faire courir ses vis-à-vis pour les finir à l’usure. C’est que cette « Roja » a le souffle long. Et c’est presque une tradition. Puisque, seize ans auparavant, en Afrique du Sud, elle avait usé du même procédé pour venir à bout des Pays-Bas en finale sur un but à la 116e minute d’Iniesta. Ce dimanche, c’est dix minutes plus tôt que Ferran Torres a conclu l’affaire et puni des Argentins qui, apparemment, semblaient miser sur les tirs au but, comme en 2022 au Qatar lorsqu’à ce même stade de la compétition, ils avaient vaincu la France à ce jeu (4 – 2 après un nul trois buts partout).

L’Espagne, un beau vainqueur assurément puisqu’ayant en plus trusté les récompenses individuelles de la compétition : meilleur joueur, Rodri, le capitaine et maître à jouer ; meilleur gardien de but, Unai Simon dont les filets n’ont été violés qu’une fois (contre la Belgique) ; meilleur jeune, Pau Cubarsi, son défenseur central ! En plus, la « Roja » avait dans ses rangs l’un des joyaux du football mondial, Lamine Yamal qui, à 19 ans seulement, vient d’ajouter une Coupe du monde à sa Coupe d’Europe conquise en 2024. « Successeur » déclaré au Barça de… Lionel Messi qui, il y a 19 ans, s’était fait photographier avec le nourrisson qu’il était, Yamal a tout pour être le successeur tout court du génial Argentin qui, à 39 ans, effectuait certainement sa dernière danse au plus haut niveau. Même si, même si…

Dans tous les cas, la finale de ce dimanche était une véritable session de passation de service, d’une part entre l’Argentine et l’Espagne qui lui a ravi son titre mondial et, d’autre part, entre Messi et Yamal. Le seul hic, c’est qu’on espérait une plus belle sortie de piste de Léo. Au lieu de quoi, on a assisté à une sorte de négation du jeu de la part de son équipe ; ce qui l’a confiné à quelques rares éclairs. Le mérite revient en grande partie à l’Espagne qui a étouffé toute velléité de son adversaire. Pour mieux lui succéder sur le toit du monde.

PROMEDIA

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