Par Mamadou Sèye
Aujourd’hui, le Sénégal célèbre la Tabaski, ce moment si particulier où les familles se retrouvent, où les maisons s’animent, où les souvenirs reviennent et où les cœurs tentent de se rapprocher malgré les blessures, les divergences et les épreuves de la vie.
Au-delà du rituel et du sacrifice, la Tabaski reste avant tout une école de foi, d’humilité et de dépassement de soi. Elle nous rappelle qu’aucune Nation ne peut durablement avancer dans la haine, la tension permanente ou les fractures entretenues à longueur de journée. Un pays ne se construit pas uniquement avec des discours, des slogans ou des postures politiques. Il se construit aussi avec de la retenue, de la sagesse et la capacité collective à préserver l’essentiel : la paix.
Le Sénégal traverse une période de fortes turbulences politiques et sociales. Les passions s’expriment parfois avec excès. Les réseaux sociaux deviennent souvent des arènes de violence verbale. Les camps se regardent avec méfiance. Certains ne vivent désormais qu’à travers l’affrontement politique, comme si la destruction de l’adversaire était devenue un projet de société.
Pourtant, la Tabaski nous enseigne exactement le contraire.
Elle nous enseigne le pardon.
Elle nous enseigne la patience.
Elle nous enseigne le respect de l’autre, même dans la divergence.
Elle nous enseigne surtout que la grandeur d’un peuple se mesure dans sa capacité à éviter le chaos lorsqu’il possède toutes les raisons d’y sombrer.
Le Sénégal a une histoire, une mémoire et une réputation qu’il nous faut protéger jalousement. Nous avons connu des moments difficiles, des crises, des tensions et des affrontements. Mais nous avons aussi toujours su retrouver le chemin du dialogue et de la stabilité. Cette capacité ne doit jamais disparaître.
En ce jour de Tabaski, il serait souhaitable que chacun fasse un pas vers l’apaisement. Les acteurs politiques, le pouvoir, l’opposition, les chroniqueurs, les militants, les activistes, mais également chaque citoyen. Car la paix n’est pas uniquement l’affaire de l’Etat. Elle est une responsabilité collective.
On peut défendre ses convictions sans souhaiter la destruction du pays.
On peut combattre un adversaire politique sans nourrir la haine.
On peut critiquer avec vigueur sans appeler au désordre permanent.
Le Sénégal mérite mieux que les invectives quotidiennes et les fractures irréparables.
En cette fête bénie, ayons une pensée pour les familles éprouvées, pour les détenus, pour les malades, pour ceux qui vivent dans la précarité, mais également pour tous ces Sénégalais qui continuent de croire que ce pays peut encore rester un modèle de stabilité et de fraternité en Afrique.
Que cette Tabaski soit un moment de retrouvailles sincères, de pardon et de renaissance collective.
Bonne fête de Tabaski à toutes et à tous.
Que Dieu protège le Sénégal et préserve durablement la paix dans notre pays.