Penalty, la Chronique Coupe du monde

S’inquiéter ou se rassurer ?

« Maintenant que ce match (contre la France) est passé, nous pouvons pleinement nous concentrer sur notre Coupe du monde ». Maladresse langagière d’un capitaine groggy, suite à la claque prise d’entrée face aux vice-champions du monde ? Déclaration mûrement réfléchie d’un « cadre », porte-parole d’un vestiaire désormais conscient qu’il n’a plus droit à l’erreur ? Dans un cas comme dans l’autre, ces mots de Kalidou Koulibaly peuvent, si paradoxal que cela risque de paraître, autant inquiéter que rassurer.

Inquiéter en ce qu’ils suggèrent que pour les « Lions », ce France – Sénégal n’était pas plus qu’un match de préparation et que ce n’est qu’à partir de leur seconde sortie, lundi nuit face à la Norvège, que leur compétition débute vraiment.

Pourtant KK a bien pris soin d’ajouter qu’il y avait « beaucoup d’énergie mentale autour de ce match ». Ce qui signifie donc que ce match n’était pas un match comme les autres. Du fait, d’une part, de l’histoire entre les deux équipes dans cette compétition (victoire du Sénégal 1 – 0 en ouverture du Mondial 2002 face à la France alors championne du monde et d’Europe) et d’autre part de l’importance de bien aborder un tournoi de cette envergure.

Et c’est justement pour cette seconde raison que les propos du capitaine des « Lions » peuvent rassurer. Dos au mur et contraints d’empocher au moins un point contre le Danemark pour ne pas perdre tout espoir de passer au second tour, ils n’ont d’autre choix que de se hisser à la hauteur de l’enjeu. Et pas que pendant une mi-temps, comme face aux « Bleus » lorsqu’après une première période plutôt bien menée, à part l’inefficacité offensive qui leur colle souvent aux crampons, ils s’étaient littéralement liquéfiés de retour des vestiaires.

Or cette rencontre face aux Scandinaves, nets vainqueurs de l’Irak lors de la 1ère journée du Groupe I (4 buts à 1), en plus de l’ « énergie mentale » déjà fortement présente contre la France, risque d’être un intense combat physique, vu la forte carrure de Haaland et ses frères.

Les « Lions » qui se sont mis tout seuls dans ce pétrin (pour avoir oublié que le Mondial débute dès la première journée et pour n’avoir réellement joué face à la France qu’une moitié de match), devront s’en sortir tout seuls. Comme des grands.

« Tout seuls », c’est trop dire puisque leur coach, Pape Thiaw, traditionnellement connu pour avoir le nez creux aux moments d’opérer des changements, n’avait rien senti contre la France. Croyait-il, lui aussi, que la compétition ne commencerait qu’à la deuxième journée ? On ne lui fera pas cette injure. Mais on est en droit d’exiger de lui qu’il nous sorte, au besoin, de ses coups tactiques qui semblaient jusqu’ici être sa marque de fabrique.

Le Sénégal a grillé un joker. Il aborde ce deuxième match sur la corde raide et sans filet. Pas question donc de jouer au funambule…

PROMEDIA

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