Pénalty, la chronique Coupe du monde

De héros à zéro ?

Une attaque à côté de ses pompes, même si Ismaïla Sarr lui a permis de sauver quelque peu la face en signant deux buts face à la Norvège… Un milieu de terrain souvent à la rue et qui se fait transpercer comme une passoire… Une défense plutôt adepte des « Opérations portes ouvertes », même si Édouard Mendy n’était parfois pas du même avis… Cela faisait un peu trop pour espérer quoi que ce soit du face-à-face contre les Vikings norvégiens. Surtout que, depuis le banc, le coach semblait réduit au rôle de spectateur, lui qui, en de précédentes occasions du même genre, nous avait sortis des tours de passe-passe, des changements tactiques qui avaient remis son équipe à flots et lui avaient permis de se tirer (parfois brillamment) d’affaire.

Que, cette fois, Pape Thiaw n’ait trouvé ni la parade ni les mots justes pour remobiliser ses troupes ou repositionner ses hommes sur le terrain, et qu’il n’ait pas inventé de « solution de sortie de banc », c’est de son entière responsabilité. De sa faute pleine et entière. Puisqu’il est là pour trouver des solutions aux problèmes auxquels son équipe fait face, à défaut de poser des équations à ses adversaires. Cela fait-il pour autant de lui un coach nul ? Le héros d’il y a à peine six mois lors de la CAN 2025 que les « Lions » avaient menée de main de maître serait-il subitement devenu un zéro ? Certainement pas. C’est juste que le football n’a pas trop de mémoire et manque parfois de reconnaissance, et ses adeptes, lorsque la déception s’invite aux débats, sont souvent oublieux des moments de joie et d’allégresse de naguère.

C’est peut-être — et pour ramer à contre-courant de la tendance ambiante — que Pape Thiaw n’a pas voulu brûler aujourd’hui ceux qu’il a adorés depuis qu’il est à la tête de la Tanière, ces fameux « cadres » qui sont sur la sellette et désignés à la vindicte populaire. Mais que son capitaine Kalidou Koulibaly ait humblement reconnu n’avoir pas été à la hauteur face à Haaland et ses partenaires devrait libérer le coach des « Lions » de ce qui a tout l’air d’un serment de fidélité ou d’un gage de reconnaissance à ses… intouchables. Vendredi, face à l’Irak pour le dernier match de groupe, Pape Thiaw devrait se lâcher. Pas pour rallier la cause des adeptes de ce qu’un brillant esprit a appelé « les vérités rétroactives qui ne sont même pas avérées », mais parce que le temps de la transition a réellement sonné dans la Tanière. Puisque, quel que soit le résultat de ce match contre l’Irak, les lignes commenceront à bouger : pour continuer la compétition parce que l’équipe aura gagné et que des scénarios favorables se sont produits dans les autres poules, ou pour amorcer un nouveau chapitre en direction des échéances continentales futures.

Plus que jamais, la balle est dans son camp. Il a les cartes en mains. Face à un adversaire qui aura les mêmes ambitions de gagner pour passer au second tour, Pape Thiaw sera plus attendu que jamais. Les hommes sur lesquels il comptera aussi. Tout dépendra de son casting et de ce que ses acteurs produiront sur la grande scène de Toronto au Canada.

PROMEDIA

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *