Pénalty, la chronique Coupe du monde

Rebondir après avoir touché le fond

Zéro pointé au bout de deux matches ! Le Sénégal ne s’était jamais aussi mal comporté en Coupe du monde de football au bout de ses deux premières sorties en quatre participations à la grand-messe du ballon rond. Le plus désolant, c’est qu’il aurait pu faire mieux autant face à la France (1-3) que contre la Norvège (2-3). Devant les Bleus, les « Lions » se sont inexplicablement liquéfiés après une première période bien menée durant laquelle ils avaient l’opportunité de marquer au moins deux fois. Face aux Vikings, ils ont cafouillé durant presque tout le match mais, oh paradoxe, ils pouvaient s’en sortir avec au moins un point.

Dans la nuit de lundi à mardi, les « Lions » se sont sabordés tout seuls. On espérait qu’ils se sortiraient comme des grands de ce pétrin où ils s’étaient fourrés eux-mêmes pour avoir bradé leur entrée en matière, une semaine plus tôt, au profit de la France. Au lieu de quoi, dans leurs trop fréquents moments d’égarement, ils se sont compliqué la tâche en offrant trois cadeaux à Haaland et les siens. Mais leurs rares flashes de lucidité leur ont permis de limiter la casse et d’entretenir un infime espoir d’accrocher le bout du bout du wagon des huit meilleurs troisièmes autorisés à poursuivre l’aventure de ce 23e Mondial de football. Et puisque l’espoir permet de vivre…

Sauf qu’à l’espoir, il faut donner de bonnes raisons de ne pas rester vain. Sinon, plus lourde serait encore la chute. Ces deux déconvenues n’honorent absolument pas les champions d’Afrique en titre. Au plan comptable, mais aussi par la peu glorieuse manière dont elles leur sont tombées dessus — ou plutôt par la piteuse manière dont ils les ont subies. Sur l’aire de jeu du MetLife Stadium de New York, on n’a pas reconnu les « Lions ». Pas plus que, depuis le banc, on a senti la patte du coach qui savait si bien lire le jeu. Deux fois plutôt qu’une d’ailleurs. Deux fois de trop. Puisque si perdre fait partie du jeu, il y a des manières de perdre que l’on a du mal à accepter.

Ce mardi matin, les « Lions » ont touché le fond. Trois jours les séparent de leur dernier match du groupe C face à l’Irak tout aussi mal en point. Trois jours à mettre à profit pour retaper autant le moral que les muscles et rebondir. De la capacité du staff à gérer cet intervalle dépendra en grande partie la prestation de l’équipe lors de cette rencontre du rachat. Un petit point du nul ne suffira pas à calmer la déception, pour ne même pas parler d’une nouvelle contre-performance. Le peuple du football sénégalais attend une réaction d’orgueil digne de ses champions. Et même si cela ne suffisait pas pour les envoyer en seizièmes, l’honneur serait plus ou moins sauf.

PROMEDIA

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